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Vendredi dernier, Stellantis a annoncé le salaire stratosphérique que Carlos Tavares devrait percevoir en 2023. La rémunération du patron français devrait être de 36,5 millions d’euros, soit une augmentation hallucinante de 56% par rapport à l’année précédente. Une annonce qui ressuscite les débats sur les écarts de rémunération au sein de ce géant du secteur, en particulier à l’usine de Sochaux, où les syndicats ne cachent pas leur indignation.
Des bénéfices record pour Stellantis et un salaire qui fait débat
En dépit d’un bénéfice record de 18,6 milliards d’euros en 2023 pour Stellantis et d’une redistribution importante des bénéfices aux salariés, annoncé le 15 février, c’est le salaire de son directeur général, Carlos Tavares, qui capture aujourd’hui l’attention et suscite la controverse. Les actionnaires sont également au cœur de cette dynamique financière florissante, se partageant quelque 7,7 milliards d’euros entre dividendes et rachat d’actions. Une manne financière impressionnante, qui contraste fortement avec les tensions salariales internes.
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Un salaire 518 fois supérieur au salaire moyen du groupe
Le salariat fixe de Carlos Tavares s’élève à deux millions d’euros, un montant substantiel qui pâlit toutefois devant la somme totale qu’il est amené à percevoir en 2023, une prime exceptionnelle de 10 millions d’euros incluse pour la transformation du groupe. Avec un salaire moyen de 70 404 euros, la rétribution du patron de Stellantis représente 518 fois ce montant, selon l’Agence France Presse. Une disparité qui n’échappe ni à Emmanuel Macron, qui avait qualifié cette rémunération d’« excessive » et « choquante » l’année dernière, ni à la presse et au public.
Une mobilisation syndicale face à une rémunération vue comme « stratosphérique »
La défense de la rémunération de Carlos Tavares par Stellantis, comparée à celle de dirigeants de multinationales telles que Boeing ou Volkswagen, ne dissipe pas le nuage d’incompréhension et de frustration planant sur l’usine de Sochaux. Les syndicats, portés par des figures comme Jérôme Boussard pour la CGT ou Benoit Vernier de la CFDT, expriment un malaise profond vis-à-vis de ce qu’ils qualifient de politique mondiale indifférente à la réalité salariale des employés en France. Alors que le groupe annonce par ailleurs une prime minimale de 4.100 euros pour ses salariés les moins bien payés, en baisse de 200 euros par rapport à l’année dernière, cette mesure est perçue comme insuffisante face à l’ampleur des écarts.
Le cas Tavares : symbole d’un débat plus large sur la rémunération des dirigeants
Au cœur de cette polémique, Carlos Tavares reste une figure centrale de Stellantis, prévu pour diriger le quatrième groupe automobile mondial jusqu’en 2025. Avec ses marques emblématiques telles que Peugeot, Fiat et Dodge, issues de la fusion de Peugeot-Citroën et Fiat-Chrysler en 2021, Tavares conduit un groupe en pleine expansion. Toutefois, sa rémunération reste un sujet d’achoppement majeur, reflétant des enjeux plus larges de justice sociale et d’équité interne au sein des géants industriels. À Sochaux, parmi les 5.600 salariés et centaines d’intérimaires, l’annonce de cette rémunération soulève des questions sur la valeur attribuée au travail et les priorités de redistribution des profits au sein du groupe.
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