
Au cours des dernières semaines, les prix du gazole et de l’essence ont atteint des niveaux inquiétants en France et en Europe. Face à cette situation, le G7 a donc décidé de libérer des réserves stratégiques de pétrole et de diesel, mais cette décision peut-elle réellement faire baisser les prix à la pompe ?
Le 2 octobre 2026, le G7 a annoncé une nouvelle libération coordonnée de stocks pouvant atteindre 100 millions de barils. Avec cette initiative, l’objectif est de soulager le marché pétrolier qui fait notamment face à des problèmes d’approvisionnement. Michel-Édouard Leclerc estime que cette décision pourrait déjà avoir un effet sur le gazole, « l’initiative du président (Emmanuel Macron ndlr), c’est qu’à défaut d’avoir un accord des belligérants pour libérer les détroits, on libère du stockage stratégique. Ça aura des effets positifs », a déclaré le président du comité stratégique des centres E. Leclerc sur BFMTV.
Jusqu’à 100 millions de barils supplémentaires sur le marché
Depuis le début de l’année encore, plusieurs libérations de réserves ont eu lieu. Selon l’Agence internationale de l’énergie, 325 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers avaient déjà été libérés sur les 400 millions de barils annoncés par le G7 en mars. Le 2 octobre, le G7 a donc annoncé une nouvelle opération portant sur 100 millions de barils. Le communiqué ne précisait pas si cette quantité comprenait les 75 millions de barils restant sur l’engagement initial de mars ou si elle constituait un volume supplémentaire.
Pour rappel, ces réserves stratégiques existent depuis 1974, après le choc pétrolier lié à la guerre du Kippour. Avec ces réserves, l’objectif est de répondre rapidement à une perturbation brutale de l’approvisionnement mondial. Pour les automobilistes, la question est désormais celle de la répercussion sur le prix du gazole. Michel-Édouard Leclerc reste prudent sur l’ampleur et le calendrier. « Il y aura certainement un petit effet sur le gazole », a-t-il déclaré.
« Je ne sais pas combien de ce brut sera transformé en gazole et dans quelle période, avec quel cours du dollar », ajoute-t-il. Il est cependant important de préciser que le prix payé à la station ne dépend pas uniquement du prix du pétrole brut, plusieurs autres paramètres tels que le raffinage, les cotations des produits pétroliers, le taux de change entre l’euro et le dollar, les taxes et les marges des distributeurs entrent aussi dans le calcul.
Le gazole atteint des sommets historiques en Europe
La décision du G7 arrive au moment où le marché européen traverse une période particulièrement tendue. En effet, le blocage du détroit d’Ormuz a fortement perturbé les échanges. Ce n’est pas tout, les tensions ont ensuite été alimentées par le blocus des exportations saoudiennes en mer Rouge par les Houthis et par les frappes ukrainiennes visant des raffineries russes. Sur le marché, les mares disponibles sont donc devenues très fines.
En Europe, cette crise pétrolière a fait flamber le prix du gazole. En effet, le prix moyen hebdomadaire de ce carburant a atteint 2,24 euros le litre début octobre, un niveau présenté comme un record. Dans certains pays, le tarif dépassait même 2,50 euros le litre, notamment aux Pays-Bas, au Danemark et en Finlande. Pour les automobilistes, une baisse des cours de l’or noir pourrait donc progressivement se retrouver dans les prix affichés dans les stations-service, mais le délai reste difficile à déterminer.
La quantité libérée ne signifie pas non plus que le prix du gazole va automatiquement chuter dans les mêmes proportions. Le marché dépendra de l’évolution de la demande, des perturbations géopolitiques, du raffinage et du cours du dollar.