Comment la France peut trouver 30 milliards d’économies en 2025.
Dans un climat politique incertain, où les récentes élections législatives n’ont pas réussi à dégager une majorité claire, le défi budgétaire de la France pour l’année 2025 s’annonce colossal. Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation iFRAP, propose sept mesures audacieuses pour réaliser les économies nécessaires. Découvrez comment ces propositions pourraient transformer l’avenir économique du pays.
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Contexte Politique et Économique
La scène politique française est actuellement marquée par une grande incertitude. Le Nouveau Front populaire a certes pris la tête des élections, mais avec une faible avance sur le camp présidentiel Ensemble, tandis que le Rassemblement National se place en troisième position. Dans ce contexte tendu, la nouvelle coalition devra présenter un budget 2025 extrêmement serré. Face à la tentation d’augmenter les impôts, la Fondation iFRAP propose une alternative : des économies budgétaires urgentes.
1. Réduire la Masse Salariale de la Fonction Publique
Les dépenses salariales de la fonction publique représentent une part importante du budget de l’État. En 2022, elles s’élevaient à 327,7 milliards d’euros, soit une augmentation de 10,2 % par rapport à l’année précédente. Pour maîtriser cette croissance, plusieurs mesures sont envisagées :
- Gel du point d’indice de la fonction publique : Avec une inflation anticipée à 1,7 % en 2025, cette mesure permettrait d’économiser 3,6 milliards d’euros.
- Moratoire sur les avancements et promotions : Bloquer les augmentations individuelles pourrait générer 3,4 milliards d’euros d’économies.
- Stabilisation des effectifs : Limiter les augmentations de personnel pourrait représenter une économie de 500 millions d’euros.
2. Reporter la Revalorisation des Retraites
Les pensions de retraite ont toujours été un sujet sensible en France. Reporter la revalorisation des pensions de base et des complémentaires Agirc-Arrco à décembre 2025 est une solution proposée pour économiser 6,2 milliards d’euros. Cette mesure toucherait particulièrement les retraités, dont le pouvoir d’achat a déjà été érodé par des désindexations précédentes.
3. Geler les Minima Sociaux
Les minima sociaux ont connu des augmentations significatives ces dernières années, souvent au-delà de l’inflation. Pour 2025, l’iFRAP propose de geler ces aides :
- Revenu de Solidarité Active (RSA) : Gel du RSA avec une anticipation d’une stabilité du nombre de bénéficiaires.
- Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) et Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA) : Envisager une hausse moyenne annuelle de 2 % et 5 % respectivement.
Ces gels pourraient permettre d’économiser 2,3 milliards d’euros.
4. Taxer les Subventions aux Associations
Les subventions publiques aux associations représentent environ 23 milliards d’euros par an. La proposition est de taxer ces subventions à hauteur de 10 %, ce qui pourrait rapporter 1,6 milliard d’euros. Cette mesure nécessiterait une coopération avec les collectivités territoriales pour éviter des compensations financières.
5. Doubler les Annulations de Crédits sur l’Aide Publique au Développement
En 2024, le gouvernement a déjà annulé 740 millions d’euros de crédits sur l’aide publique au développement. L’iFRAP suggère de doubler cette annulation, permettant ainsi une économie supplémentaire de 1,48 milliard d’euros.
6. Supprimer Certaines Aides à la Pierre
Les aides à la pierre, incluant les subventions d’exploitation et d’investissement ainsi que les avantages fiscaux, représentent une part significative du budget. L’iFRAP propose de supprimer certaines de ces subventions, en particulier celles aux bailleurs sociaux. Cette mesure pourrait générer jusqu’à 1,3 milliard d’euros d’économies, malgré les critiques potentielles en raison du soutien conjoncturel à l’activité de construction.
7. Lutter contre l’Absentéisme dans la Fonction Publique
L’absentéisme dans la fonction publique représente un coût important. En 2019, le nombre de jours non travaillés pour cause de maladie correspondait à un coût de 11,1 à 11,9 milliards d’euros. Ramener ce coût au niveau du secteur privé pourrait permettre d’économiser entre 1,3 et 2,3 milliards d’euros. Une des mesures envisagées est de ne verser que 90 % du salaire dès le premier jour d’absence pour les arrêts maladie de moins de trois mois.
Tableau récapitulatif des mesures d’économie
| Mesure | Économie potentielle (en milliards d’euros) |
|---|---|
| Réduction de la masse salariale | 8,0 |
| Report de la revalorisation des retraites | 6,2 |
| Gel des minima sociaux | 2,3 |
| Taxation des subventions aux associations | 1,6 |
| Annulations de crédits sur l’APD | 1,48 |
| Suppression des aides à la pierre | 1,3 |
| Lutte contre l’absentéisme | 1,3 |
Cet article explore les sept mesures audacieuses proposées par Agnès Verdier-Molinié pour réaliser 30 milliards d’euros d’économies en 2025. De la réduction de la masse salariale de la fonction publique au gel des minima sociaux, chaque proposition vise à soulager le budget de l’État tout en évitant une augmentation des impôts. Ces mesures, bien que controversées, pourraient transformer le paysage économique français et offrir une alternative viable pour sortir de l’impasse budgétaire actuelle.