
Le budget de nombreux ménages risque d’être mis à rude épreuve l’an prochain, une décision touchant les impôts annoncée pour 2026 pouvant alourdir discrètement la note et toucher de plein fouet certains contribuables, sans qu’aucun taux officiel ne change.
Le 15 juillet 2025, François Bayrou, Premier ministre, a confirmé que les seuils de l’impôt sur le revenu resteraient inchangés en 2026, dans le cadre du plan « Stop à la dette ». Présentée comme une mesure de redressement des finances publiques, cette décision est perçue par beaucoup comme une hausse d’impôt déguisée. L’Institut des politiques publiques (IPP) évalue le coût pour les contribuables à 1,4 milliard d’euros, tandis que l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) avance 1,2 milliard d’euros, la différence tenant aux prévisions d’inflation pour 2025 : 1,3 % selon l’IPP, 1,1 % selon l’OFCE.
En 2025, les tranches d’imposition sont fixées à 0 % jusqu’à 11 497 €, 11 % de 11 497 € à 29 315 €, 30 % de 29 315 € à 83 823 €, 41 % de 83 823 € à 180 294 €, et 45 % au-delà. Habituellement, ces seuils sont relevés chaque année pour compenser l’inflation et éviter que les contribuables ne montent de tranche sans réelle hausse de leur pouvoir d’achat, un phénomène appelé effet de glissement. Le gel décidé pour 2026 signifie que toute augmentation de salaire, même minime, pourra entraîner une imposition plus élevée.
Quel impact sur les impôts des ménages ?
Les simulations montrent clairement l’impact attendu. Un célibataire gagnant 2 000 euros par mois verrait son impôt passer de 725 euros en 2025 à 794 euros en 2026, soit une hausse de 69 euros avec seulement 2 % de revalorisation salariale. Un couple percevant respectivement 1 800 et 2 300 euros par mois verrait sa facture grimper de 1 930 à 2 073 euros, soit 143 euros supplémentaires. Quant à une personne aux revenus modestes de 1 540 euros mensuels, elle pourrait devenir imposable à hauteur de 32 euros, alors qu’elle ne l’était pas auparavant.
300 000 foyers pénalisés
Cette mesure devrait concerner environ 300 000 foyers fiscaux. Pour certains, elle est injuste car elle pèse sur le pouvoir d’achat sans véritable contrepartie, tandis que d’autres y voient un effort de solidarité pour réduire le déficit public. Le gouvernement table sur environ 1,2 milliard d’euros de recettes supplémentaires. Mais si cette hausse implicite se fera sans changement des taux officiels, elle risque d’accentuer le sentiment de pression fiscale et d’alimenter le mécontentement, dans un contexte économique où le coût de la vie reste déjà élevé.
Quelles sont les conséquences du gel du barème de l'impôt sur le revenu? pic.twitter.com/8Hln39M1nC
— BFMTV (@BFMTV) July 16, 2025