
À l’approche du week-end de Pâques, de nombreux automobilistes pourraient rencontrer des difficultés pour faire le plein dans certaines régions. En cause : un ralentissement des livraisons de carburants pendant plusieurs jours, combiné à une forte fréquentation des stations-service les moins chères.
Selon Mobilians, la situation risque de se tendre ponctuellement. « Il n’y aura quasi pas de livraisons de carburants pendant trois jours, donc dans certains coins ça va poser des problèmes », a alerté Francis Pousse, président national de la branche Distributeurs carburants et énergies nouvelles, sur la radio ICI (ex-France-Bleu).
Des ruptures déjà observées dans plusieurs stations
Les tensions ne sont pas seulement anticipées, elles sont déjà visibles sur le terrain. Depuis jeudi, 1 636 stations-service, soit environ 16 % du réseau, sont en rupture d’au moins un carburant. Ces difficultés concernent en grande majorité les stations du groupe TotalEnergies. En raison de leurs prix plafonnés, elles attirent davantage d’automobilistes, ce qui accélère l’épuisement des stocks.
« Les niveaux de vente dans ces stations sont plus élevés, confirme Francis Pousse, et elles sont donc plus sensibles aux stocks ». Il rappelle également les limites logistiques du secteur : « On ne peut pas livrer, deux, trois ou quatre fois par jour ».
La situation pourrait s’aggraver temporairement durant le week-end pascal. Comme chaque année lors des grands départs, les poids lourds font face à des restrictions de circulation, compliquant l’acheminement du carburant. « Les poids-lourds ont interdiction de rouler les gros week-ends. Il faut avoir des dérogations et même si on en a, il faut aussi que les dépôts soient ouverts ».
Des tensions logistiques, mais pas de pénurie
Malgré ces difficultés, les autorités appellent à ne pas céder à l’inquiétude. La situation actuelle relève de tensions logistiques ponctuelles et non d’un manque structurel de carburants.
Les professionnels du secteur confirment que les stocks restent suffisants à l’échelle nationale. « Les stocks sont là et il y a toujours les stocks stratégiques au cas où », souligne Francis Pousse.
Dans les faits, certaines stations continueront d’être approvisionnées, notamment celles qui pratiquent des prix plus élevés et enregistrent une demande plus stable. « Les stations hors TotalEnergies sont réapprovisionnées et les stocks bougent beaucoup moins, il y a donc moins de risque de rupture de carburant ». En conclusion, si des difficultés locales pour faire le plein sont à prévoir durant le week-end de Pâques, aucune pénurie généralisée n’est envisagée à ce stade