
La taxe sur les superprofits énergétiques revient au devant de la scène de ce contexte de flambée des prix des carburants. Le 3 avril 2026, les ministres des Finances de l’Espagne, de l’Italie, de l’Allemagne, de l’Autriche et du Portugal ont adressé une lettre à la Commission européenne dans laquelle ils demandent l’activation d’un mécanisme de solidarité à l’échelle de l’Union européenne.
Cette initiative fait suite à la hausse des prix de l’énergie, du pétrole et du gaz, exacerbée par les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient. Ces pays estiment que la volatilité des marchés énergétiques crée des distorsions économiques qui justifient une intervention rapide de l’Union européenne.
Les cinq pays signataires proposent l’instauration d’une taxe sur les superprofits des entreprises énergétiques, une mesure qu’ils jugent nécessaire pour alléger la pression sur les consommateurs sans augmenter les déficits nationaux. Leur objectif est de financer des aides aux consommateurs tout en prévenant une hausse de l’inflation. Le projet fait référence à la contribution de solidarité de 33 % imposée en 2022 par l’Union européenne sur les profits des groupes pétroliers et gaziers dont les bénéfices excédaient de plus de 20 % la moyenne des quatre années précédentes. Les ministres demandent que la Commission examine également si les bénéfices réalisés à l’étranger par les multinationales pétrolières devraient être inclus dans le calcul de cette taxe.
La France préfère une enquête sur les marges des raffineries à la taxe sur les superprofits
Cependant, la France n’a pas soutenu cette proposition. Le ministre de l’Économie français, Roland Lescure, a préféré demander à la Commission européenne d’ouvrir une enquête sur les marges des raffineries européennes. Paris n’a pas pris part à la tribune, malgré l’adhésion de pays aux orientations politiques variées, allant des socialistes espagnols aux conservateurs allemands, en passant par l’extrême droite italienne.
Les ministres européens soulignent que l’objectif d’une telle taxe est non seulement économique, mais aussi politique : envoyer un message d’unité européenne tout en faisant contribuer ceux qui bénéficient des hausses de prix liées aux tensions géopolitiques. Ce projet intervient à un moment où les capitales européennes cherchent encore des solutions pour maîtriser la flambée des prix de l’énergie sans exacerber l’inflation ni alourdir les comptes publics. Bruxelles devra maintenant évaluer la faisabilité juridique de cette nouvelle taxe dans un contexte où les débats sur la répartition de l’effort entre entreprises, États et consommateurs sont au cœur des discussions.
En somme, cinq pays européens relancent l’idée d’une taxe sur les superprofits énergétiques pour aider les consommateurs sans augmenter la dette publique, mais la France choisit une approche différente, privilégiant une enquête sur les marges des raffineries.