
La pénurie de carburant continue de s’étendre dans les stations-service françaises. Le 4 avril 2026, 16 % des stations étaient en pénurie de gazole, contre 11 % la veille. Par ailleurs, 28 % des stations sont en rupture de SP98 et 70 % en rupture de SP95.
Selon les chiffres communiqués par le site www.penurie-carburant.fr la situation est particulièrement tendue dans plusieurs régions, où de nombreuses stations-service ont dû fermer temporairement. Ce phénomène s’aggrave avec le week-end de Pâques, pendant lequel les ravitaillements dans les stations-service sont suspendus.
Concernant les prix, bien qu’ils n’aient pas significativement augmenté depuis vendredi, les prix du carburant varient considérablement d’un distributeur à l’autre. En moyenne, le prix du carburant en France est de 2,30 euros par litre. Cependant, des différences notables peuvent être constatées, avec des prix oscillant entre 2 et 2,70 euros, selon que le plein soit effectué chez des enseignes comme Total ou Shell.
Mesures de soutien pour les petites entreprises touchées par la hausse des prix de carburant
Face à la situation, le ministère de l’Économie a annoncé le lancement prochain d’un « prêt flash carburant » pour soutenir la trésorerie des petites entreprises. Ce prêt, proposé en partenariat avec Bpifrance, pourra être accordé aux très petites entreprises (TPE) et petites et moyennes entreprises (PME) dans les secteurs les plus impactés, comme les transports, l’agriculture et la pêche. Les entreprises éligibles, dont les dépenses en carburant représentent au moins 5 % du chiffre d’affaires, pourront bénéficier d’un prêt de 5 000 à 50 000 euros, à un taux de 3,80 %, et sans garantie.
Cette mesure vise à atténuer l’impact de la hausse des carburants sur les entreprises les plus vulnérables, tout en évitant un enchaînement de difficultés économiques liées à la hausse continue des prix du pétrole. À l’échelle européenne, la hausse des prix des carburants suscite également des réactions. Les ministres des Finances de plusieurs pays européens, dont l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche et le Portugal, ont demandé à la Commission européenne de réactiver un mécanisme de solidarité en raison de la volatilité des marchés de l’énergie.
Ces pays estiment que la guerre au Moyen-Orient et les tensions géopolitiques provoquent des distorsions sur les marchés de l’énergie. Ils réclament la mise en place d’une taxe coordonnée sur les profits des groupes pétroliers et gaziers, sur la base du précédent de 2022, lorsque l’UE avait instauré une contribution de solidarité sur les bénéfices excédentaires des entreprises. Les ministres demandent aussi à la Commission d’examiner la possibilité d’inclure dans cette taxe les bénéfices réalisés à l’étranger par les multinationales pétrolières. Toutefois, la France ne soutient pas cette proposition de taxe coordonnée pour le moment.