Le taux de chômage de l’Union européenne a atteint 5,9 % en février 2026, un des plus bas niveaux observés historiquement. Malgré cette amélioration générale, certains pays continuent de lutter contre un chômage structurel élevé.
La France, par exemple, bien que son taux ait diminué ces dernières années, se situe encore parmi les pays de l’UE avec les taux de chômage les plus élevés. Depuis 2016, la France a observé une baisse de 2,5 points de son taux de chômage, mais il reste élevé, à 7,8 %, ce qui place le pays au cinquième rang des taux les plus élevés de l’Union européenne. Après avoir connu une légère baisse en 2024 (7,2 %), le taux de chômage a recommencé à augmenter ces derniers mois, en raison de la prudence accrue des entreprises en matière d’embauche et d’une population active qui continue de croître.
L’Insee prévoit même un taux de chômage supérieur à 8 % d’ici mi-2026, bien que cette prévision dépende de l’évolution de la situation géopolitique, notamment du conflit au Moyen-Orient. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a précisé sur TF1 que le gouvernement était « plutôt confiant » avant le début de la guerre en Iran, soulignant que la France se trouvait dans une situation plus favorable qu’auparavant, où le chômage structurel était plus proche de 10 %. Toutefois, il a également reconnu que la crise actuelle pourrait perturber cette tendance positive.
Les bons élèves et mauvais élèves européens face au chômage
Alors que certains pays de l’UE continuent de lutter contre le chômage, d’autres affichent des résultats très positifs, atteignant le plein-emploi. La Pologne, la République tchèque et la Bulgarie, par exemple, présentent tous des taux de chômage très bas, autour de 3,2 %, un taux que l’on considère comme proche du plein-emploi. Ces pays bénéficient d’économies dynamiques et d’une main-d’œuvre compétitive, attirant de nombreux investissements étrangers. La Pologne, en particulier, s’illustre par un développement économique soutenu, avec des secteurs comme l’industrie des batteries électriques et de l’électroménager en pleine expansion.
Cependant, cette faible situation du chômage masque des défis démographiques importants, notamment en Pologne, où la population active est en déclin. La Pologne est actuellement le pays le moins fécond d’Europe, avec un taux de natalité inférieur à 1,1 enfant par femme. La population, actuellement en dessous de 38 millions d’habitants, pourrait chuter à 30 millions d’ici 2060. Cela entraînera une pénurie de main-d’œuvre qui pourrait devenir un obstacle majeur à la croissance économique à long terme.
Nette amélioration pour l’Espagne et l’Italie
À l’opposé, la Finlande connaît un taux de chômage relativement élevé de 10,4 %. Ce chiffre fait de la Finlande l’un des pays les moins performants en matière de lutte contre le chômage en Europe. Selon Henna Busk, économiste à l’institut Pellervo, ce taux reflète une situation économique fragile. La Finlande peine à se remettre complètement de la crise économique de 2008, et son secteur de la construction connaît des difficultés depuis quelques années. Le pays a également souffert de la rupture de ses relations commerciales avec la Russie à la suite de l’invasion de l’Ukraine, ce qui a aggravé la situation économique. Malgré ces difficultés, la Finlande reste un exemple de bien-être social, avec des inégalités faibles et un modèle social protecteur.
L’Espagne et l’Italie, anciennement confrontées à de forts taux de chômage, ont également connu des améliorations significatives ces dernières années. L’Italie a réduit son taux de chômage de 11,6 % en 2016 à 5,3 % aujourd’hui, tandis que l’Espagne, qui avait un des taux les plus élevés d’Europe avec un pic de 27 % en 2013, a réussi à descendre sous la barre des 10 % en février 2026. Ces progrès sont le résultat d’une série de réformes économiques et d’un retour à la croissance économique.

