Une part croissante des stations-service en France connaît des ruptures de carburants en ce week-end de Pâques, dans un contexte marqué par des tensions sur l’approvisionnement.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, les prix des carburants ont augmenté de plus de 50 centimes d’euros par litre. Cette hausse s’accompagne d’une réduction des livraisons dans certaines stations, liée notamment à une pause dans les approvisionnements durant le week-end. Cette situation entraîne des difficultés d’accès aux carburants dans plusieurs zones, y compris dans le Sud-Ouest.
Le nombre de stations touchées progresse au fil des jours. Certaines stations signalent des ruptures sur plusieurs types de carburants, voire sur l’ensemble de leur offre. D’autres continuent de fonctionner avec une disponibilité partielle.
Les données publiées par le site penurie-carburant.fr, qui s’appuie sur des informations gouvernementales et des signalements d’usagers, permettent de mesurer l’ampleur de la situation. Elles indiquent que 19 % des stations-service sont en pénurie de gazole, 35 % en pénurie d’éthanol, 70 % en pénurie de SP95 et 31 % en pénurie de SP98. Ces proportions évoluent quotidiennement en fonction des livraisons et de la consommation.


Une combinaison entre tensions internationales et ralentissement dans les livraisons de carburant
Les difficultés observées reposent sur deux facteurs identifiés. La guerre au Moyen-Orient affecte les marchés pétroliers et contribue à la hausse des prix, tandis qu’une interruption temporaire des approvisionnements réduit les volumes disponibles dans les stations. Le week-end prolongé de Pâques accentue cette situation. Les livraisons sont moins fréquentes, ce qui limite le renouvellement des stocks. Dans le même temps, la demande reste élevée, ce qui accélère l’épuisement des carburants disponibles dans les stations-service.
Pour suivre l’évolution des ruptures, des outils de cartographie recensent les stations concernées, commune par commune. Ils permettent d’identifier les points de distribution encore ouverts et ceux en difficulté, ainsi que les carburants indisponibles. Les tensions ne se limitent pas au secteur routier. Le kérosène commence également à manquer dans certains aéroports européens. Des plateformes situées à Milan, Venise et Bologne en Italie, ainsi que l’aéroport d’Heathrow au Royaume-Uni, sont déjà confrontées à des pénuries. Cette situation a conduit à l’annulation de plusieurs dizaines de vols.
Selon le cabinet d’analyse énergétique Kpler, les aéroports français pourraient être concernés à leur tour par ces difficultés d’approvisionnement. Ces éléments montrent une extension des tensions à différents segments liés aux produits pétroliers. La situation évolue en fonction des livraisons, de la demande et du contexte international, avec des variations quotidiennes dans les niveaux de pénurie observés sur le territoire.