
Entre octobre 2025 et février 2026, une quarantaine d’épargnants en France ont été victimes d’une arnaque reposant sur l’usurpation d’identité d’une banque en ligne. Les victimes, issues de profils variés comme des retraités, commerçants ou chefs d’entreprise, ont été contactées par de faux conseillers proposant un produit d’épargne présenté comme plus rémunérateur que le livret A.
Les fraudeurs ont utilisé l’identité de la banque allemande Vivid Money, établissement financier proposant des services bancaires en ligne. Les épargnants ont été incités à transférer des fonds vers des comptes frauduleux, pensant souscrire à un placement sécurisé.
Brigitte A., retraitée de 66 ans, explique sur TF1 : « Je voulais placer une partie de l’argent que j’avais mis de côté pour acheter une petite résidence secondaire (…) afin de le faire fructifier à un taux plus intéressant que le livret A ». Son préjudice dû à cette arnaque est estimé à 35 000 euros. Elle déclare également : « Quand j’ai compris que j’avais été escroquée, je suis tombée de l’armoire. On se sent vraiment bête sur le moment. Au final, je n’avais aucune chance depuis le départ. Le pire, c’est que je m’étais attaché à mon faux conseiller bancaire. Il y avait une forme de complicité qui s’était installée. Je lui ai raconté des choses assez personnelles. Forcément, je me sens trahie ». Elle ajoute : « ne pas y croire une seconde » concernant la récupération de ses fonds.
Une arnaque reposant sur des sites imitant des banques existantes
Christophe Chassebœuf, commerçant de 56 ans, déclare sur le même média : « J’ai 56 ans, je ne vois pas comment je vais m’en sortir ». Il indique avoir investi 155 400 euros après avoir répondu à une publicité en ligne proposant un placement à 5 %. Il explique : « Ce sont des personnes qui présentent extrêmement bien, qui ont tout le langage d’un banquier et le langage d’un financier. Ils mettent en confiance les gens d’une manière incroyable, à aucun moment, on a un doute sur le fait qu’on a affaire à des escrocs ».
Après avoir transféré l’ensemble de ses économies, il tente un retrait sans succès. Il déclare : « Ma vie s’arrête là. En concret, je ne peux plus travailler. Je n’ai plus aucun revenu puisque moi, c’était aussi mon fonds de commerce. Donc aujourd’hui, je n’ai plus rien ».
Yasmine Douadi, présidente-fondatrice de Riskintel Media, société spécialisée en cybersécurité, explique : « Ça ne passe pas par le hacking de la plateforme de la banque, ni par celle de l’application, mais bien par la création de ce qu’on appelle des sites miroirs ». Elle précise : « C’est-à-dire des faux sites qui viennent mimer parfaitement la charte graphique de la banque en question ».
Guy Grandgirard, président de l’Association de défense des consommateurs (ADC) France, indique : « On a constaté depuis septembre 2019 l’apparition de clones frauduleux de plus de 160 banques européennes ». Selon les données relayées dans le reportage de TF1, les montants détournés via cette arnaque aux faux placements financiers ont quadruplé en un an, atteignant environ 500 millions d’euros. Les autorités rappellent que les offres de placement affichant des rendements élevés doivent faire l’objet d’une vigilance renforcée.