
Le gouvernement prépare une évolution du dispositif de leasing social destiné à faciliter l’accès à la voiture électrique pour les ménages modestes. Cette réflexion intervient dans un contexte de hausse des prix des carburants et s’inscrit dans une orientation visant à accélérer l’électrification des usages.
Selon les éléments en préparation au ministère de l’Économie, ce programme pourrait être relancé rapidement avec des ajustements sur son périmètre et son volume. Le dispositif permet actuellement de louer un véhicule électrique neuf pour un montant d’environ 100 euros par mois, sous conditions de ressources. Les premières versions du leasing social ont déjà permis à 100 000 ménages d’accéder à ce type de véhicule. Les autorités envisagent désormais une augmentation du nombre de bénéficiaires sur une période de six mois, avec l’objectif d’élargir l’accès au dispositif.
Un élargissement des bénéficiaires du leasing social et un encadrement budgétaire ajusté
Le périmètre des publics concernés pourrait évoluer. Jusqu’à présent centré sur les salariés ayant des besoins de déplacement importants, le dispositif pourrait être ouvert à certaines professions, notamment les professionnels de santé libéraux comme les infirmiers et les aides-soignants. Cette orientation prend en compte l’augmentation des dépenses de carburant, avec un prix du gazole atteignant environ 2,30 euros par litre dans certaines stations.
Le ministère de l’Économie, chargé de la mise en œuvre du dispositif, étudie également des modalités de ciblage géographique. Cette option consisterait à prioriser certains territoires, sans qu’un cadre précis ne soit encore arrêté. Sur le plan budgétaire, les modalités de financement ont évolué entre les différentes phases du programme. Lors de la première édition, le coût moyen par dossier était estimé à 13 000 euros, pour un budget global d’environ 650 millions d’euros. Pour la deuxième phase prévue en 2025, le coût moyen a été ramené à environ 7 380 euros par véhicule, avec un budget total de 369 millions d’euros.
Une partie du financement repose désormais sur les certificats d’économie d’énergie (CEE), un mécanisme financé par les fournisseurs d’énergie. Cette évolution réduit la part directement supportée par le budget de l’État. Le développement du leasing social suscite des réactions au sein de la filière automobile. Certains acteurs expriment des inquiétudes quant à un possible report des financements au détriment du bonus écologique, désormais désigné comme « prime coup de pouce ». Ce dispositif reste utilisé pour soutenir l’acquisition de véhicules électriques par un public plus large. Le ministère de l’Économie doit présenter prochainement les modalités précises de cette nouvelle phase du leasing social.