La question de la défense fait partie des priorités du gouvernement actuel. Les députés français ont entamé l’examen d’une révision de la loi de programmation militaire 2024-2030, avec une augmentation des crédits prévue dans un contexte marqué par plusieurs conflits internationaux.
La loi initiale adoptée prévoyait une enveloppe de 413 milliards d’euros sur la période allant jusqu’en 2030. Le nouveau projet de loi propose d’ajouter 36 milliards d’euros à ce montant. Ce texte est étudié en commission de la Défense de l’Assemblée nationale. L’objectif affiché consiste à porter le budget militaire annuel à 76,3 milliards d’euros en 2030, soit 2,5 % du produit intérieur brut. Cette trajectoire reste indicative, le Parlement conservant la possibilité de modifier les crédits chaque année lors du vote du budget de l’État.
Jean-Louis Thiériot, député Les Républicains et corapporteur du texte, a déclaré : « C’est une loi de programmation pour deux ans ». Il estime que l’effort reste insuffisant face à « un péril qui semble existentiel ou a minima très grand ».


Des priorités de la défense orientées vers les capacités opérationnelles et la sécurité
La ministre des Armées Catherine Vautrin a indiqué que la France devait se préparer à « affronter (…) des crises simultanées, durables, de haute intensité (…) tout en gérant sur son propre territoire des actions hybrides ». Le projet de loi ne modifie pas le format global des armées, mais cible plusieurs postes d’investissement. Les munitions figurent parmi les priorités, avec 8,5 milliards d’euros supplémentaires, portant l’enveloppe totale à 26 milliards sur la période.
Le texte introduit également plusieurs dispositions nouvelles. Il prévoit notamment d’autoriser des opérateurs privés à neutraliser des drones survolant des sites sensibles. Un nouvel « état d’alerte de sécurité nationale » est envisagé, permettant de déroger à certaines règles en matière de construction, d’expropriation ou d’environnement en cas de « menace grave » pour la Nation.
Par ailleurs, le projet inclut la possibilité d’utiliser des algorithmes pour exploiter des données de connexion dans le cadre des activités de renseignement. Cette mesure vise notamment la défense nationale ainsi que la lutte contre « la criminalité organisée » et les trafics. Une disposition similaire avait été censurée précédemment par le Conseil constitutionnel. D’autres mesures portent sur le contrôle des publications d’anciens agents des services de renseignement et la création d’un nouveau service national à caractère militaire et volontaire.
Sur le plan politique, plusieurs députés ont exprimé des réserves. Laurent Jacobelli, député du Rassemblement national, a évoqué « une loi de rattrapage ». Aurélien Saintoul, député de La France insoumise, a estimé que ces crédits supplémentaires servaient en grande partie à couvrir les dépenses prévues dans la précédente programmation, qualifiant le texte de « fondamentalement insincère ». Le projet de loi poursuit son parcours parlementaire avec un examen en commission avant une éventuelle discussion en séance publique.