Le système de retraite repose sur un principe de répartition entre actifs et retraités. Les cotisations versées par les travailleurs financent les pensions. Selon le rapport publié le 14 avril par l’Agirc-Arrco, régime de retraite complémentaire des salariés du secteur privé, le ratio s’établissait à 1,44 cotisant pour un retraité à la fin de l’année 2024.
Ce niveau marque une évolution par rapport aux décennies précédentes, où ce rapport dépassait 4 dans les années 1960. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de transformation démographique. Le nombre de pensionnés augmente tandis que celui des actifs progresse à un rythme différent. Cette situation modifie l’équilibre financier du système. Les ressources issues des cotisations évoluent moins rapidement que les dépenses liées au versement des pensions.


Le Conseil d’orientation des retraites (Cor), organisme chargé d’analyser le fonctionnement du système en France, indique que cette situation se traduit par un besoin de financement. Il précise : « Le système de retraite restera durablement en besoin de financement ». Cette évolution concerne l’ensemble des régimes, y compris les retraites complémentaires.
Les régimes comme l’Agirc-Arrco ajustent leurs paramètres pour s’adapter à cette situation. Ces ajustements peuvent porter sur le niveau de revalorisation des pensions. Les montants versés continuent d’évoluer, mais à un rythme qui diffère de celui des revenus d’activité.
Une évolution du niveau de vie relatif des personnes à la retraite
Le rapport du Cor décrit une évolution du niveau de vie des retraités par rapport à celui de l’ensemble de la population. Il indique : « La pension moyenne augmenterait en euros constants, mais moins que les revenus d’activité moyens ». Cette évolution traduit un écart progressif entre les pensions et les revenus des actifs. Les données présentées montrent que le niveau de vie des retraités pourrait représenter 87,5 % de celui de l’ensemble de la population à l’horizon 2070, contre 97 % en 2022. Cette projection repose sur des hypothèses liées à la démographie et à l’évolution économique.
Plusieurs mécanismes expliquent cette évolution. Les pensions sont indexées sur les prix, ce qui signifie qu’elles évoluent en fonction de l’inflation. Par ailleurs, la durée de cotisation a été allongée et les régimes complémentaires ajustent leurs règles de fonctionnement. Le Cor précise également : « Les taux de remplacement […] seront en baisse au fil des générations ». Le taux de remplacement correspond au rapport entre la pension perçue et le dernier revenu d’activité. Ces éléments décrivent une évolution progressive du système , liée à la structure démographique et aux règles de fonctionnement des régimes existants.