
La situation énergétique mondiale évolue sous l’effet des tensions au Moyen-Orient, avec des répercussions variables selon les régions. En France, les autorités indiquent disposer de réserves suffisantes pour faire face à une éventuelle interruption des importations de pétrole.
Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, a déclaré sur France Inter : « Si demain on arrêtait complètement d’importer, on aurait trois mois de stock ». Ce volume correspond aux réserves détenues par la France, estimées à un peu plus de 100 millions de barils, soit 108 jours d’importations nettes. Ce niveau dépasse l’exigence fixée par l’Agence internationale de l’énergie, qui impose un minimum équivalent à 90 jours.
Depuis le début des tensions, une partie de ces stocks a été utilisée. Environ 15 millions de barils ont été libérés. À l’échelle internationale, les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie disposent collectivement d’environ 1,2 milliard de barils de réserves publiques, auxquels s’ajoutent près de 600 millions de barils détenus par les entreprises du secteur pétrolier.
Des situations contrastées entre l’Europe et l’Asie concernant les carburants
Les effets de la crise ne sont pas homogènes selon les zones géographiques. Roland Lescure a indiqué : « En Asie, oui, on a un choc pétrolier. En Europe, heureusement, on ne fait pas face à ce type de risque ». Le Japon, fortement dépendant des importations de brut en provenance du Moyen-Orient, a mobilisé environ 80 millions de barils afin de stabiliser son approvisionnement et contenir la hausse des prix.
En Europe, la situation apparaît différente en raison d’une diversification des sources d’approvisionnement et de niveaux de stocks disponibles. Selon Roland Lescure, « on a encore énormément de réserves ». Le ministre a toutefois évoqué une attention particulière concernant le carburant aérien. Il a précisé : « Le sujet potentiel, c’est le kérosène », en lien avec la dépendance des compagnies aériennes européennes aux livraisons en provenance des pays du Golfe. Certaines compagnies ont déjà réduit leur programme de vols en raison de la hausse des coûts.
Roland Lescure a annoncé une réunion avec les compagnies aériennes, en présence de Philippe Tabarot, afin d’évaluer la situation à l’approche de la période estivale. Il a également déclaré : « sans inquiétude pour le mois de mai » et « Globalement, on a des mois devant nous ». Par ailleurs, l’augmentation des capacités de raffinage en Europe est mentionnée comme un levier pour ajuster l’offre de carburants dans les prochaines semaines.