L’encadrement des loyers appliqué à Paris depuis 2019 fait l’objet d’évaluations alors que son avenir reste incertain. Ce mécanisme, mis en place à titre expérimental, vise à limiter les niveaux de loyers dans certaines zones où la demande est élevée.
Selon une étude publiée le 27 avril 2026 par l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), organisme chargé d’analyser les évolutions urbaines dans la capitale, les loyers pratiqués sont inférieurs de 5 % à ceux qui auraient été observés en l’absence de ce dispositif entre juillet 2019 et juin 2025. Cette estimation repose sur des travaux menés avec des centres de recherche en économie et la plateforme immobilière SeLoger.


Cette réduction des loyers se traduit par un gain pour les locataires. Sur l’ensemble de la période étudiée, l’économie moyenne est évaluée à 81 euros par mois, soit 968 euros par an. Sur la dernière année analysée, entre juillet 2024 et juin 2025, ce montant atteint 1 019 euros.
L’étude souligne également des écarts selon la taille des logements. Les petites surfaces apparaissent plus concernées par cet encadrement. Pour les logements de moins de 18 mètres carrés, les loyers observés sont inférieurs de 12,4 % aux niveaux estimés sans régulation.
L’encadrement des loyers, une expérimentation qui doit prendre fin en novembre 2026
Le dispositif d’encadrement des loyers est actuellement en phase d’expérimentation dans environ 70 communes, dont Paris, Lille, Lyon, Grenoble et Montpellier. Cette phase doit s’achever en novembre 2026, sauf prolongation décidée par les pouvoirs publics. Emmanuel Grégoire, maire socialiste de Paris, a déclaré « en appeler au gouvernement » pour « maintenir l’encadrement des loyers ». Cette position intervient alors qu’une proposition de loi visant à prolonger le dispositif pourrait ne pas être examinée dans les délais.
Le gouvernement indique de son côté attendre les résultats de plusieurs études d’impact avant de se prononcer. L’une des questions étudiées concerne les effets du dispositif sur l’offre locative. Certains acteurs estiment qu’il pourrait réduire le nombre de logements disponibles. Les travaux de l’Atelier parisien d’urbanisme concluent à « l’absence d’effet durable et significatif de l’encadrement des loyers sur l’offre locative parisienne entre 2018 et 2025 ». Les variations observées sur le marché locatif sont associées à d’autres facteurs, comme la crise sanitaire ou l’organisation des Jeux olympiques.
L’étude relève également que le respect de la réglementation n’est pas complet. Entre juillet 2024 et juin 2025, près d’une annonce sur deux présentait un loyer supérieur au plafond fixé. Cette situation peut correspondre à un dépassement des limites autorisées ou à l’application d’un complément de loyer lié à certaines caractéristiques du logement. L’avenir du dispositif dépendra des décisions législatives et des conclusions des analyses en cours concernant ses effets sur le marché immobilier.