Une étude de la Fédération européenne des associations de consommateurs (Beuc), organisation représentant les intérêts des consommateurs au niveau européen et représentée en France par CLCV, alerte sur une possible augmentation des factures de gaz à l’horizon 2030.
Selon cette analyse, les ménages encore raccordés pourraient voir leur facture annuelle progresser jusqu’à 53 % si la sortie du gaz n’est pas organisée. Cette hausse s’explique en partie par les coûts liés au réseau de distribution. L’étude indique que ces frais pourraient représenter 27 % de l’augmentation totale, soit environ 300 euros supplémentaires par an pour les consommateurs concernés. En France, environ 35 % des ménages utilisent encore le gaz pour le chauffage.


Le nombre de foyers raccordés est en diminution. La Fédération européenne des associations de consommateurs estime qu’il passera de 11,17 millions en 2021 à 10,25 millions en 2027. Cette évolution s’inscrit dans la transition énergétique engagée, visant à réduire l’usage des énergies fossiles.
Une répartition des coûts sur un nombre réduit de ménages qui utilisent le gaz
La diminution du nombre d’utilisateurs du gaz entraîne une modification de la répartition des coûts d’entretien du réseau. Moins de foyers contribuent à son financement, alors que les infrastructures doivent continuer à être exploitées avant un éventuel démantèlement. L’étude souligne que ces charges pourraient être supportées par les ménages restant raccordés.
La Fédération européenne des associations de consommateurs recommande « une approche plus coordonnée et mieux encadrée pour sortir progressivement du gaz ». Elle insiste sur la nécessité d’accompagner les ménages concernés afin de limiter les effets de cette évolution sur leurs dépenses.
En France, l’association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV), de défense des consommateurs, relaie ces préoccupations. Son délégué général, François Carlier, déclare : « Plutôt que de faire des chèques en 2040 à des gens qui auront de gros problèmes et qu’il faudra aider, il vaut mieux consacrer cet argent à aider les gens à changer d’équipement au cours de la décennie 2030 ». Il évoque également la nécessité d’informer les usagers suffisamment en amont en cas de démantèlement du réseau.
Parallèlement, le gouvernement a présenté un plan d’électrification de l’économie comprenant 22 mesures. Ce programme vise à réduire la part des énergies fossiles dans la consommation énergétique, de 60 % en 2023 à 40 % en 2030, puis à moins de 30 % en 2035. La part de l’électricité devrait atteindre 38 % en 2035 et dépasser 50 % en 2050.
Parmi les mesures prévues figurent l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs, la mise en place de territoires dits « zéro gaz » et l’évolution des aides à la rénovation énergétique. Ces orientations s’inscrivent dans une trajectoire de réduction progressive de l’usage du gaz en France.