
La mise à l’arrêt d’une raffinerie en France intervient dans un contexte de hausse des prix du pétrole liée à la situation au Moyen-Orient. Ces deux éléments alimentent les interrogations sur l’approvisionnement en carburants et l’évolution des prix.
La raffinerie exploitée par TotalEnergies, groupe énergétique international, située à Donges (Loire-Atlantique), est arrêtée depuis lundi pour une durée annoncée de deux mois. Ce site traite habituellement environ 220 000 barils de pétrole par jour. Cette interruption correspond à une opération de maintenance programmée. Une situation qui pourra affecter l’approvisionnement en carburant.
Une raffinerie française à l’arrêt pour maintenance
Adrien Vaugrenard, délégué syndical CFDT au sein de la raffinerie de Donges, explique : « Les unités sont fatiguées, on sait qu’on a des défaillances qu’il faut qu’on répare. On est obligé d’arrêter nos installations tous les 7 ans ».
Selon les données communiquées, cette mise à l’arrêt représente environ 19 % de la production nationale de carburant. TotalEnergies indique avoir anticipé cette situation en constituant des stocks. L’entreprise précise que « les mesures ont été prises afin de garantir la continuité de l’approvisionnement par la gestion active des stocks de la raffinerie ».
Des interrogations subsistent sur l’adéquation de ces réserves avec la situation actuelle. Anna Creti, professeure d’économie à l’Université Paris-Dauphine, déclare : « Aujourd’hui, on n’est pas du tout dans cette logique. Il est donc possible que ces stocks soient insuffisants, la conséquence pouvant être donc encore une pression à la hausse sur les prix à la pompe ».
Pour compenser l’arrêt du site de Donges, TotalEnergies mentionne la possibilité de mobiliser d’autres installations, notamment la raffinerie d’Anvers en Belgique. Jérémie Haddad, expert du secteur de l’énergie et associé chez EY, précise : « Une opération de maintenance, on ne fait pas ça pour le plaisir, on le fait justement précisément pour que la raffinerie soit plus performante demain. Donc si on décale l’opération de maintenance, on décale d’autant la capacité de la raffinerie à être plus performante ».
Des prix du pétrole en forte hausse impactant les prix des carburants
En parallèle, les cours du pétrole progressent sur les marchés internationaux. Le Brent de la mer du Nord, référence en Europe, atteint 116,98 dollars, soit un niveau observé pour la dernière fois en 2022. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, s’établit à 107,09 dollars, après une hausse marquée la veille.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte marqué par le conflit impliquant l’Iran. Le détroit d’Ormuz, zone de transit d’une part importante des hydrocarbures mondiaux, reste soumis à des restrictions. Un responsable américain a indiqué que la Maison Blanche envisageait de « poursuivre le blocus actuel pendant des mois si nécessaire ». Donald Trump, président des États-Unis, a déclaré : « Le blocus est un peu plus efficace que les bombardements ».
John Plassard, associé de la banque Cité Gestion, évoque « l’absence totale de visibilité sur une résolution rapide du conflit avec l’Iran », en lien avec la situation dans cette zone. Il mentionne également une désorganisation de l’offre mondiale.
D’autres facteurs sont relevés, comme la baisse des stocks de pétrole et de produits raffinés aux États-Unis. Le départ des Émirats arabes unis de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), organisation intergouvernementale regroupant des pays producteurs, est également cité comme un élément influençant les équilibres du marché. L’ensemble de ces éléments intervient alors que les prix des carburants évoluent déjà à la hausse en France, dans un contexte de tension sur les approvisionnements et de fluctuations des marchés énergétiques.