
Le 1er mai reste en France une journée obligatoirement chômée et payée, encadrée par le code du travail. Ce cadre limite l’ouverture des commerces, avec des dérogations pour certaines activités.
En cas de non-respect, l’employeur s’expose à une amende de 750 euros par salarié concerné et de 1.500 euros lorsqu’il s’agit d’un mineur. Des ajustements ont été annoncés pour 2026, après des tensions observées l’année précédente dans plusieurs secteurs. Certaines professions ont obtenu des autorisations spécifiques, tandis que d’autres restent soumises à des restrictions ou à des incertitudes juridiques.
Des commerces majoritairement fermés le 1er mai
Une large partie des commerces n’ouvrira pas le 1er mai. Les hypermarchés sont fermés sur l’ensemble du territoire. Les supermarchés suivent la même règle, sauf cas particuliers où aucun salarié n’est mobilisé, comme les magasins fonctionnant uniquement avec des caisses automatiques ou exploités par leur gérant. Les commerces non alimentaires sont également concernés par cette fermeture. Les magasins de vêtements, de décoration, de bricolage, de jouets ou de produits de beauté ne sont pas autorisés à ouvrir. Les centres commerciaux restent fermés.
Les services publics et administratifs ne fonctionnent pas ce jour-là. Cela inclut les mairies, les écoles, les centres de loisirs, les bibliothèques et les équipements sportifs municipaux. Certains musées municipaux sont également fermés. D’autres secteurs se trouvent dans une situation incertaine. Les boucheries et poissonneries disposent de conventions collectives autorisant l’ouverture, mais cette possibilité peut être remise en cause lors de contrôles. Les restaurateurs et les établissements de restauration rapide sont confrontés à une situation similaire.
Une réponse du ministère du Travail, formulée en 2016 par Myriam El Khomri, alors ministre du Travail, indiquait : « Les établissements de restauration […] concourent à la satisfaction d’un besoin essentiel du public. À ce titre, les établissements entrent dans le champ de la dérogation au chômage du 1er mai ». Cette position n’a pas été intégrée dans la loi.
Le Groupement des hôtelleries et restaurations de France, organisation professionnelle du secteur, demande « de reconnaître explicitement la possibilité d’employer des salariés le 1er mai, sur la base du volontariat, dès cette année, dans le respect du droit du travail et des conditions de rémunération spécifiques à cette journée ».
Des ouvertures possibles sous conditions
Certaines activités bénéficient d’autorisations spécifiques. Les boulangeries-pâtisseries artisanales peuvent ouvrir en 2026. Cette décision a été annoncée par Sébastien Lecornu, Premier ministre. Les salariés doivent être volontaires et donner leur accord par écrit, avec une rémunération doublée.
Les fleuristes et les jardineries sont également autorisés à accueillir du public. Selon l’Interprofession française de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage, organisation représentant les professionnels du secteur, la vente de muguet a généré 19,9 millions d’euros en 2025 sur cette seule journée. Les commerces alimentaires de proximité, comme Franprix, Carrefour City ou Vival, peuvent ouvrir uniquement s’ils sont exploités sans salariés. Dans la pratique, ces établissements fonctionnent généralement sur des horaires réduits.
Les services assurant une activité continue restent ouverts. Cela concerne les hôpitaux, les services de sécurité, les pompes funèbres et les interventions d’urgence. Les pharmacies participent à un système de garde qui garantit une ouverture dans chaque zone. Les équipements de loisirs et culturels présentent des situations variables. Les cinémas sont ouverts. Certains musées et monuments accueillent du public, tandis que les grands établissements nationaux, comme le musée du Louvre ou le musée d’Orsay, restent fermés.
Les parcs et jardins sont en majorité accessibles, sous réserve de décisions locales. Les marchés alimentaires et les piscines dépendent également des choix des municipalités, qui publient leurs horaires spécifiques.