
Les quatre principaux syndicats de la SNCF, la CGT-Cheminots, Sud-Rail, l’Unsa-Ferroviaire et la CFDT-Cheminots, ont déposé un préavis de grève pour le 10 juin 2026. Cette action vise à protester contre les réorganisations internes qu’ils jugent nuisibles à la santé des salariés.
Dans leur communiqué, ils dénoncent un climat social dégradé et soulignent les risques liés à ces réformes sur la santé mentale et physique des agents. Les syndicats affirment que ces restructurations ont conduit à une multiplication des accidents du travail, des arrêts maladie et des suicides, qu’ils considèrent comme une « urgence » à traiter. Selon les fédérations, ces transformations obligent les cheminots à faire face à des suppressions de postes, des réorganisations répétées et des pressions sur la mobilité professionnelle.
« On en est à treize cas de suicide depuis quelques mois, une situation pas vécue dans l’entreprise depuis très longtemps », a déclaré Romain Pitelet, secrétaire général adjoint de la CGT-Cheminot. Il précise qu’il ne s’agit pas d’instrumentaliser ces drames, mais bien de « agir sur leurs causes ». Les syndicats s’opposent également au processus de filialisation mis en place par la direction, estimant qu’il contribue à une souffrance généralisée parmi les agents.
Les demandes des syndicats de la SNCF face à l’inflation et aux restructurations
Les syndicats, tout en mettant en avant la détérioration du climat social à la SNCF, appellent également à l’ouverture de « véritables négociations salariales », en raison de la hausse des prix, notamment de l’énergie. « La facture énergétique et les prix à la consommation ont augmenté de 2,2 % en avril 2026, après 1,7 % en mars », soulignent-ils dans leur communiqué. Cette évolution pèse fortement sur le pouvoir d’achat des cheminots, dont les conditions de travail sont déjà affectées par les réorganisations en cours.
En outre, les syndicats dénoncent une gestion « destructrice » des ressources humaines et du travail, pointant notamment les répercussions de la filialisation et des transferts de personnels de la SNCF , qui engendrent des tensions au sein de l’entreprise. Ils appellent à une révision des réformes et à une pause dans ces processus, tant que des solutions satisfaisantes n’ont pas été trouvées pour améliorer la situation des agents.
Le préavis de grève est unitaire et concerne uniquement la journée du 10 juin, avec l’espoir que la direction reviendra sur ses réorganisations et entame des discussions sérieuses avec les syndicats. « Nous espérons encore que la direction reviendra à la raison et remettra les cheminots au cœur des discussions », a indiqué Romain Pitelet.
L’appel à la grève met en lumière la tension croissante au sein de l’entreprise ferroviaire, où les syndicats jugent la gestion des réorganisations et de la transformation actuelle comme préjudiciable pour les agents.