
La flambée des prix des carburants pousse le gouvernement à revoir l’organisation du travail dans la fonction publique. Dans une circulaire adressée aux ministres le 5 mai 2026, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel demande aux administrations de limiter les déplacements et de favoriser davantage le télétravail pour certains agents. Cette décision intervient alors que les prix de l’essence dépassent désormais les 2 euros le litre dans plusieurs régions françaises, sur fond de tensions géopolitiques liées à la guerre au Moyen-Orient.
Dans ce document, le gouvernement estime que « les conséquences de la hausse du coût des carburants pour les agents publics » nécessitent des « mesures temporaires d’adaptation ». Les ministères sont ainsi invités à examiner « des possibilités d’augmentation individualisées du recours au télétravail », notamment pour les fonctionnaires contraints d’utiliser leur voiture personnelle pour rejoindre leur lieu de travail.
Le cadre légal reste toutefois inchangé. Pour un agent à temps plein, le télétravail ne pourra pas dépasser trois jours par semaine, soit le plafond actuellement autorisé dans la fonction publique. Les chefs de service devront traiter rapidement les demandes et s’appuyer sur des « critères objectifs liés aux contraintes de déplacement », comme l’éloignement du domicile ou l’absence de transports en commun.
Réunions à distance et limitation des déplacements pour les fonctionnaires
La circulaire demande également de « réduire immédiatement les déplacements professionnels évitables ». Concrètement, les réunions, formations, séminaires ou jurys devront désormais être organisés « par défaut en audio-conférence et/ou visio-conférence ». Les déplacements routiers ou aériens devront être réservés « aux seules missions qui ne peuvent être ni différées ni assurées à distance » et qui « conditionnent directement la continuité de l’action de l’État ».
Lorsque les déplacements restent indispensables, les administrations sont appelées à privilégier « l’organisation la plus économe en carburant ». Cela passe notamment par l’usage des transports collectifs, du covoiturage, des véhicules électriques ou encore le regroupement des rendez-vous professionnels.
Cette politique s’inscrit dans un contexte budgétaire tendu. Selon le gouvernement, les aides liées à la flambée des carburants représentent déjà 180 millions d’euros pour le seul mois de mai 2026, après 150 millions d’euros en avril. Le dispositif destiné aux « travailleurs modestes grands rouleurs » doit permettre une réduction moyenne d’environ 20 centimes par litre. Cette aide carburant de 50 euros concerne près de trois millions de Français.
Les syndicats dénoncent des mesures insuffisantes
Les organisations syndicales accueillent ces annonces avec prudence. La CGT Fonction publique estime que « le versement de l’indemnité carburant et les trois jours de télétravail ne sauraient être constitutifs d’un solde de tout compte ». Le syndicat réclame notamment une hausse des salaires et le dégel du point d’indice, dans un contexte où l’inflation dépasse désormais les 2 %.
Plusieurs représentants syndicaux soulignent aussi que de nombreux agents ne peuvent pas télétravailler. Dans les collectivités territoriales, les personnels des écoles, des crèches, de l’animation ou encore du nettoyage restent particulièrement exposés à la hausse du prix des carburants. Certains syndicats évoquent une précarité grandissante chez des agents confrontés à des difficultés financières importantes.
Pour les particuliers concernés, ces nouvelles mesures pourraient toutefois alléger une partie des dépenses liées aux trajets domicile-travail dans les prochaines semaines, à condition que leur activité soit compatible avec le travail à distance.