La France poursuit ses efforts pour lutter contre la vente de produits dangereux sur les plateformes en ligne comme Shein et Temu. Selon Sarah Lacoche, directrice générale de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes), ces plateformes continuent de commercialiser des articles non conformes aux normes de sécurité européennes.
Elle a souligné dans une interview au Financial Times que le taux de non-conformité et de dangerosité des produits reste trop élevé. La France a intensifié ses contrôles sur ces marketplaces, avec un triplement des inspections au cours de l’année écoulée. Ces actions ont conduit au retrait de 100 000 produits dangereux par les plateformes concernées.
Parmi les produits identifiés figuraient des sèche-cheveux trop chauds et des jouets comportant des pièces détachables représentant un risque pour les enfants. En outre, la DGCCRF a constaté que 46 % des produits commercialisés par Shein et Temu ne respectaient pas les normes européennes en matière de sécurité.


Les actions de la France contre Shein et Temu et l’enquête de la Commission européenne
En dépit de ces mesures, des incidents notables ont marqué la relation entre la France et ces géants du commerce en ligne. Par exemple, un procès en France, lié à la vente de poupées pédopornographiques par Shein, a été partiellement perdu par l’État, qui n’a pas réussi à obtenir la suspension de la plateforme en question. En réponse, Shein a affirmé coopérer pleinement avec les autorités européennes.
L’Union européenne a pris des mesures en 2022 pour renforcer son cadre juridique avec le Digital Services Act, permettant de sanctionner les plateformes telles que Shein et Temu à hauteur de 4 % de leur chiffre d’affaires en cas de manquement grave, notamment pour la vente de produits illégaux. Bruxelles a également ouvert une enquête en février 2026 concernant Shein, en raison de la vente de produits tels que les poupées pédopornographiques et les objets sexuels, ainsi que de son « design addictif ». La Commission européenne a indiqué qu’elle chercherait à sanctionner les plateformes qui ne prennent pas des mesures suffisantes malgré les alertes répétées.
La France, par le biais de la DGCCRF, continue de mettre la pression sur Bruxelles pour que des actions concrètes et des sanctions soient appliquées. Sarah Lacoche a précisé que le « risque d’accident ou de décès » était « réel » si ces produits continuaient à circuler. Elle a ajouté que la France attendait les conclusions de l’enquête de la Commission européenne pour déterminer si des sanctions seront prononcées.
Selon Sarah Lacoche, « soit nous exigeons rapidement que les plateformes mettent en place des mesures pour mieux maîtriser les risques, soit des sanctions seront prises ».