
La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a appelé à relancer les discussions salariales dans les entreprises ainsi que dans la fonction publique. Dans un entretien accordé au Parisien, elle estime que la hausse du Smic prévue au 1er juin ne répond pas aux difficultés rencontrées par une partie des salariés face à l’évolution des prix.
Le Smic doit augmenter de 2,41 % à partir du 1er juin. Marylise Léon rappelle que cette évolution résulte d’un mécanisme automatique lié à l’inflation. Elle ajoute : « après, si la guerre en Iran s’éternise, il faudra peut-être revoir la copie ». La responsable de la CFDT affirme que plusieurs branches professionnelles disposent encore de grilles salariales situées sous le salaire minimum légal. Elle indique que « certaines entreprises vont très bien » et appelle à « responsabiliser les employeurs ».
Selon Marylise Léon, 47 branches seraient actuellement concernées par des niveaux de rémunération inférieurs au Smic. Elle cite notamment l’hospitalisation privée, avec deux coefficients sous ce seuil, ainsi que les jardineries, qui en comptent neuf. Elle déclare à ce sujet : « Au passage, ce sont ces dernières qui – non sans culot – voulaient ouvrir le 1er Mai ! ».
Des demandes portant aussi sur la fonction publique et l’égalité salariale
Marylise Léon estime qu’« il est impératif de rouvrir des négociations salariales là où elles viennent de se conclure et d’anticiper celles qui sont prévues ». Elle demande que les discussions tiennent compte de « l’inflation et les difficultés de pouvoir d’achat des salariés ». Elle évoque aussi « un vrai risque d’accentuation de la fracture sociale ».
La secrétaire générale de la CFDT mentionne également la situation des agents de la fonction publique. Elle indique que les grilles de rémunération de certains personnels sont rattrapées par la hausse du Smic. Elle précise que « les dix premiers échelons du premier grade de la catégorie C sont en dessous du Smic, donc les agents peuvent rester 19 ans sans augmentation de salaire ».
Marylise Léon s’est aussi exprimée sur le report de la transposition de la directive européenne concernant la transparence salariale entre les femmes et les hommes. Elle déclare : « Bien sûr que cela m’inquiète ! Et ça m’agace beaucoup ! ». Elle estime que le calendrier était connu depuis plusieurs mois.
Critique des délais liés au calendrier parlementaire
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, avait indiqué mercredi considérer comme « possible » une transposition « dans l’année ». En janvier, il avait évoqué la présentation d’un projet de loi avant l’été.
Marylise Léon critique les délais liés au calendrier parlementaire. Elle déclare : « On me dit qu’il y a un embouteillage parlementaire, mais c’est inaudible pour les femmes qui subissent des discriminations ». Elle propose de retirer le projet de loi sur le 1er Mai afin de donner la priorité à d’autres textes. Selon elle, « ce n’est pas une urgence » et il faudrait « mettre à l’agenda des textes qui intéressent véritablement les travailleurs ».