À partir de la rentrée universitaire de septembre 2026, la majorité des étudiants non ressortissants de l’Union européenne devront payer des droits d’inscription majorés dans les universités françaises, selon un décret publié au Journal officiel par le ministère de l’Enseignement supérieur.
Les frais annuels pour une licence seront fixés à 2 895 euros, contre 178 euros actuellement, et ceux pour un master à 3 941 euros, contre 254 euros. Cette décision concerne tous les étudiants extracommunautaires nouvellement inscrits. Le décret s’inscrit dans le cadre du plan « Choose France For Higher Education » présenté par Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur.
Le ministre avait annoncé le 20 avril vouloir appliquer strictement les droits d’inscription différenciés instaurés en 2019 mais jusqu’ici peu appliqués. Selon le texte, les universités pourront exonérer au maximum 20 % de leurs étudiants non européens à terme, ce qui représente une réduction progressive des marges d’exonération précédemment pratiquées.
Pour accompagner cette transition, le décret instaure deux paliers : un plafond d’exonération à 30 % dès la rentrée 2026, puis 25 % en 2027. Les étudiants bénéficiant d’une exonération pour l’année 2025-2026 la conserveront jusqu’au terme de leur cycle universitaire « sous réserve qu’ils poursuivent les formations correspondantes auprès de l’établissement qui leur a accordé cette exonération ». Ceux ayant obtenu une exonération pour 2026-2027 avant l’entrée en vigueur du décret « en conservent le bénéfice sous les mêmes conditions ».
Réactions et mobilisation contre la hausse des frais d’inscription des étudiants étrangers
L’application rigoureuse de ces droits d’inscription a provoqué des réactions au sein des universités et chez les syndicats. Plusieurs centaines de manifestants ont défilé le 12 mai pour contester la hausse des frais. Une intersyndicale a appelé à une nouvelle journée de mobilisation nationale le 26 mai. Les syndicats jugent cette mesure « injuste et incohérente ».
Le gouvernement a défendu cette mesure en expliquant qu’elle pourrait renforcer la valeur perçue des diplômes français et attirer des profils d’étudiants à « fort potentiel », disposant de ressources suffisantes, selon une logique comparable à celle de certains pays anglo-saxons. Philippe Baptiste a précisé que la France faciliterait également l’obtention de visas de travail post-études pour les étudiants concernés.
Les universités devront adapter leur politique d’exonération et la gestion des inscriptions pour tenir compte de ces nouveaux barèmes. La mesure ne modifie pas les droits pour les étudiants déjà engagés dans un cycle d’études, qui conserveront leurs exonérations sous les conditions prévues. À partir de septembre 2026, les nouveaux étudiants hors Union européenne verront leurs frais augmenter de manière significative, ce qui représente un changement notable dans le fonctionnement des universités françaises et dans l’accès au système éducatif pour les étudiants internationaux.

