Dans un contexte marqué par le retour de l’inflation et la hausse persistante des prix de l’énergie, le pouvoir d’achat reste au cœur des préoccupations des ménages français. Selon une enquête récente réalisée par Elabe pour BFMTV et publiée le 21 mai, une large majorité de Français estime ne pas « vivre convenablement ». Deux tiers des personnes interrogées partagent ce sentiment, tandis que plus de huit sur dix déclarent avoir dû se serrer la ceinture face à la hausse des prix ces derniers mois.
L’inflation, mesurée à 2,2 % en avril sur un an, continue de peser sur les dépenses quotidiennes. Certains produits de consommation courante sont particulièrement touchés, notamment la viande, le chocolat ou encore le café. À cela s’ajoute la flambée des prix des carburants, alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui renforce la pression sur le budget des ménages.
Mais au-delà du ressenti global, l’étude s’est surtout intéressée à une question centrale : combien d’argent manquerait-il aux Français pour vivre correctement ?
506 euros manquants en moyenne pour « vivre convenablement »
D’après les résultats de ce sondage, les Français estiment en moyenne qu’il leur manquerait 506 euros par mois pour « vivre convenablement ». Cette moyenne cache toutefois des disparités importantes selon les situations et les attentes.
Ainsi, 22 % des sondés indiquent qu’ils auraient besoin de 500 à 999 euros supplémentaires chaque mois pour améliorer leur niveau de vie. Dans le même temps, 13 % estiment qu’il leur faudrait plus de 1 000 euros de plus mensuels, ce qui traduit une forte pression ressentie par une partie de la population.
À l’inverse, une fraction des répondants évoque des besoins plus limités : 15 % déclarent qu’un complément d’environ 250 euros leur suffirait, tandis que 17 % évoquent une fourchette comprise entre 250 et 499 euros. Le texte de l’enquête mentionne « 250 euros de plus par an » pour une partie des sondés, une formulation qui semble atypique au regard du reste des résultats exprimés en base mensuelle, sans que l’étude ne précise davantage ce point.


L’étude met également en évidence des différences sociales marquées. Les cadres apparaissent comme la catégorie la plus satisfaite, près de la moitié d’entre eux estimant ne pas avoir besoin de revenus supplémentaires. À l’inverse, seulement un quart des catégories populaires se disent satisfaites de leur niveau de vie actuel.
Les retraités se distinguent également avec un taux de satisfaction relativement plus élevé (43 %), tout comme les ménages les plus aisés.
Sur le plan politique, les écarts sont également significatifs. 60 % des électeurs de Renaissance déclarent ne pas avoir besoin de plus d’argent pour vivre correctement, un niveau supérieur à celui observé chez les électeurs des Républicains (44 %). À l’inverse, les électeurs du Rassemblement national et ceux de la gauche affichent des niveaux de satisfaction plus faibles, avec respectivement un peu plus d’un quart et 35 % de personnes se disant satisfaites.
Dans un contexte économique encore incertain, ces chiffres illustrent un sentiment persistant de fragilité budgétaire, malgré des indicateurs d’inflation qui restent modérés en comparaison des pics récents.