
La France, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Lituanie ont rédigé un document commun appelant l’Union européenne à accélérer la mise en place de droits de douane contre certaines pratiques jugées déloyales.
Le texte, consulté par le Financial Times, doit être examiné avant une réunion de la Commission européenne consacrée aux relations commerciales entre l’Union européenne et la Chine. Selon les informations rapportées, les cinq États membres demandent à Bruxelles de rendre plus rapide l’adoption de droits de douane dans certains secteurs industriels. Les signataires considèrent que les procédures actuellement appliquées au niveau européen prennent trop de temps.
Le document évoque des pays qui « imposent de nouvelles barrières commerciales ou contribuent à une surcapacité industrielle systémique et structurelle ». La Chine n’est pas citée directement dans le texte, mais elle est visée dans le contexte des échanges commerciaux avec l’Union européenne.
Le Financial Times précise également que le texte mentionne les biocarburants américains et l’acier produit en Indonésie. Les cinq pays estiment que ces pratiques ont « eu un impact direct sur l’industrie européenne, qui a perdu 1 million d’emplois entre 2019 et 2025 ». Ils proposent que la Commission européenne puisse appliquer des droits de douane non seulement à des produits ou à des pays, mais aussi directement à certaines entreprises afin de limiter les contournements des règles commerciales.
Une évolution des positions sur les droits de douane au sein de plusieurs États membres
Le document soutient aussi la création d’un nouvel instrument européen destiné à pousser certaines entreprises à diversifier leurs sources d’approvisionnement pour des produits jugés sensibles. La position des Pays-Bas et de l’Espagne est particulièrement observée dans ce dossier. Selon les informations relayées, ces deux pays avaient auparavant adopté une ligne plus prudente sur les questions liées aux droits de douane européens contre des produits chinois.
En 2024, l’Espagne n’avait notamment pas pris position sur les taxes appliquées aux véhicules électriques fabriqués en Chine. L’Allemagne ne figure pas parmi les signataires du document. Le pays reste pourtant fortement exposé aux échanges industriels avec la Chine, notamment dans les secteurs de l’automobile, des machines-outils et de la chimie.
Ces derniers mois, l’exécutif français multiplie les prises de position en faveur d’un renforcement des instruments commerciaux européens. Emmanuel Macron, président de la République française, a récemment appelé l’Union européenne à s’inspirer de certains dispositifs juridiques utilisés aux États-Unis, notamment la section 301 de la loi américaine sur le commerce de 1974.
Cette disposition a déjà été utilisée par Donald Trump pour mettre en place des droits de douane durant son mandat présidentiel. L’Union européenne affiche un déficit commercial avec la Chine depuis l’entrée de Pékin dans l’Organisation mondiale du commerce en 2001. Ce déficit sur les biens a atteint 360 milliards d’euros l’année dernière. Le texte souligne également la montée en gamme des industriels chinois dans plusieurs secteurs traditionnellement dominés par les entreprises européennes.