L’agence de notation américaine S&P Global a confirmé, vendredi 29 mai 2026, la note souveraine de la dette de la France à A+ avec une perspective stable. Cette décision intervient dans un contexte marqué par un ralentissement de l’activité économique et une surveillance accrue de l’évolution des finances publiques françaises.
La notation A+ correspond, selon l’échelle de S&P Global, à une dette de qualité « moyenne supérieure ». L’agence conserve ainsi l’évaluation qu’elle avait attribuée à la France après l’abaissement d’un cran décidé en octobre 2025.
Cette annonce clôture la séquence printanière des évaluations réalisées par les principales agences de notation internationales. Fitch Ratings avait maintenu sa note A+ avec perspective stable en mars, tandis que Moody’s avait conservé en avril sa notation Aa3, située un niveau au-dessus de celle attribuée par S&P Global et Fitch Ratings.
Une décision prise dans un contexte économique contrasté
La confirmation de la note intervient alors que plusieurs indicateurs économiques ont été actualisés ces derniers jours. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le produit intérieur brut (PIB) français s’est contracté de 0,1 % au premier trimestre 2026. Dans le même temps, l’inflation a atteint 2,4 % en mai.
Sur le plan budgétaire, le déficit public de la France s’est établi à 5,1 % du PIB en 2025. Ce résultat est inférieur à la prévision initiale de 5,4 % avancée par le gouvernement. Pour 2026, l’exécutif maintient un objectif de déficit à 5 % du PIB.

La Commission européenne, institution chargée de la surveillance budgétaire des États membres de l’Union européenne, estime pour sa part que le déficit public français atteindra 5,1 % du PIB en 2026. Le Fonds monétaire international (FMI), organisation internationale spécialisée dans la stabilité financière mondiale, prévoit un déficit de 4,9 %.
À la suite de la décision de S&P Global, Roland Lescure, ministre de l’Économie, a déclaré : « Le Gouvernement reste pleinement mobilisé pour poursuivre la réduction du déficit public et de la dette, afin de garantir dans la durée la solidité financière et la compétitivité de l’économie française ».
La décision de l’agence intervient également après la mise en place par le gouvernement de mesures de soutien limitées à 1,2 milliard d’euros destinées aux ménages et aux secteurs les plus exposés à la hausse des coûts de l’énergie. Selon l’exécutif, ces dispositifs sont temporaires, ciblés et financés.
La dette publique reste sous surveillance
La décision de S&P Global intervient plusieurs mois après la dégradation de la note française annoncée en octobre 2025. À cette époque, l’agence avait évoqué des interrogations liées à la trajectoire des finances publiques et au contexte budgétaire. Les prochains examens de la dette française par les agences de notation sont attendus à l’automne 2026.
Parallèlement aux questions budgétaires, plusieurs institutions ont revu leurs prévisions de croissance. Le gouvernement vise une progression de l’activité de 1 % en 2026. La Commission européenne anticipe une croissance de 0,8 %, tandis que le FMI table sur 0,7 %.
Le contexte international est également suivi de près par les marchés financiers. Anthony Morlet-Lavidalie, économiste à l’institut Rexecode, a déclaré : « Dans le choc (géopolitique) qu’on est en train de traverser, c’est rarement une bonne idée d’amplifier un problème alors qu’on est déjà en période de tension ».
Selon les données citées par Bercy, les taux d’emprunt français à dix ans évoluaient autour de 3,2 % avant le déclenchement du conflit évoqué par les autorités. Ils se situent désormais autour de 3,6 %, après avoir dépassé ponctuellement 3,8 %. La Commission européenne indique également qu’à politique inchangée, le déficit public français pourrait atteindre 5,7 % du PIB en 2027. Cette estimation place la trajectoire budgétaire française parmi les plus surveillées de la zone euro dans les années à venir.