
Plusieurs organisations représentant les employeurs ont réagi à la décision du gouvernement de ne pas revaloriser les allègements de cotisations sociales applicables aux bas salaires à compter du 1er juin 2026.
Cette mesure intervient alors que le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) doit être augmenté de 2,4 % en raison de l’évolution de l’inflation. Dans une tribune publiée par La Tribune Dimanche ce 31 mai, plusieurs responsables d’organisations patronales ont exprimé leur opposition à cette orientation.
Le texte est signé par Patrick Martin, président du Mouvement des entreprises de France (Medef), Amir Reza-Tofighi, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), Michel Picon, président de l’Union des entreprises de proximité (U2P), Arnaud Rousseau, président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), David Cluzeau, président de l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (UDES), et Sébastien Justine, président de la Fédération des entreprises du spectacle vivant, de la musique, de l’audiovisuel et du cinéma (Fesac).
Les signataires indiquent que cette décision de geler les allègements des cotisations sociales a été prise « sans même écouter ni recevoir les représentants de toutes les entreprises de France qui l’avaient pourtant expressément demandé ». Le gouvernement prévoit de maintenir inchangée l’enveloppe consacrée aux exonérations de cotisations patronales sur les rémunérations les plus faibles. Cette enveloppe ne sera ni augmentée ni réduite malgré la progression du salaire minimum.
Le gel des cotisations sociales confirmé par le ministère des Comptes publics
La semaine précédente, David Amiel, ministre des Comptes publics, avait confirmé ce choix gouvernemental. Selon les éléments rapportés, l’exécutif cherche à réaliser environ 6 milliards d’euros d’économies afin de faire face aux conséquences budgétaires du conflit au Moyen-Orient.
Le ministre a également souligné qu’une augmentation des allègements en parallèle de la hausse du Smic aurait représenté une dépense supérieure à 2 milliards d’euros. Il a indiqué que cette évolution aurait bénéficié à l’ensemble des entreprises concernées, indépendamment de leur situation économique.
Dans leur tribune, les organisations patronales estiment que les entreprises devront faire face simultanément à l’augmentation du coût du travail liée à la revalorisation du Smic et à l’absence d’ajustement des dispositifs d’allègement. Elles écrivent que les entreprises « devront donc absorber à la fois une hausse du coût du travail et une baisse mécanique des allègements ».
Les signataires évoquent également l’évolution récente du marché de l’emploi en rappelant que « le taux de chômage vient de repasser au-dessus de la barre des 8 %, pour la première fois depuis cinq ans ». Le texte qualifie la décision de « double peine », de « signal extrêmement préoccupant », de « contresens économique » et de « choix politique délibéré ». Les auteurs estiment que cette mesure concerne particulièrement les entreprises employant un nombre élevé de salariés rémunérés autour des niveaux de salaire les plus faibles.
Par ailleurs, Thierry Marx, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), avait adressé une lettre au Premier ministre quelques jours auparavant. Il y demandait « l’ouverture d’une concertation » afin d’échanger sur les effets de ce gel des allègements de cotisations sociales.