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    « un ras-le-bol continu » selon le psychologue du travail

    Jean-Philippe MarconBy Jean-Philippe Marcon02/06/2026

    La santé mentale au travail se dégrade en France. Une étude publiée le 2 juin 2026 par Empreinte Humaine et réalisée par Ipsos-BVA révèle que 50 % des salariés français présentent des signes de détresse psychologique. Ce niveau constitue le plus élevé depuis le lancement du baromètre en mars 2020.

    La détresse psychologique inclut « à la fois des symptômes de dépression et d’épuisement », selon l’étude. Parmi les salariés concernés, 16 % font état d’une détresse élevée. Christophe Nguyen, président d’Empreinte Humaine et psychologue du travail et des organisations, explique que cette détresse correspond à « un sentiment un peu continu de désespoir, de fatigue, finalement un de ras-le-bol et de stress » et peut conduire à des troubles de santé plus graves.

    Le baromètre de novembre 2025 indiquait un niveau de détresse inférieur de trois points. Selon l’étude, cette hausse reflète « l’accélération des rythmes de travail » et le sentiment chez certains salariés de ne pas pouvoir « bien travailler » et d’être « de simples exécutants ». Les femmes (55 %), les employés (59 %) et les moins de 30 ans (60 %) figurent parmi les profils les plus touchés. 83 % des salariés relient leur état au travail, chiffre qui atteint 87 % pour les moins de 30 ans. La moitié des salariés interrogés estime manquer de temps pour réaliser un travail de qualité et 45 % craignent de ne pas pouvoir tenir psychologiquement jusqu’à leur départ à la retraite. Près d’un tiers souhaite quitter leur organisation ou entreprise.

    Un salarié français sur deux présente des signes de détresse psychologique en 2026 : « un ras-le-bol continu » selon le psychologue du travailUn salarié français sur deux présente des signes de détresse psychologique en 2026 : « un ras-le-bol continu » selon le psychologue du travailPin

    32 % des salariés déclarent être en état de risque de burn-out, stable par rapport à la vague précédente, et 11 % évoquent un risque de burn-out sévère. Le rapport souligne que le risque de burn-out sévère en 2026 est deux fois plus élevé qu’avant la crise sanitaire. Christophe Nguyen indique : « Cette exposition chronique est un facteur de risque pour la santé ».

    Sommaire

    Toggle
    • Manque de reconnaissance et conditions de travail qui impactent la santé mentale 
    • Prévention et formation des managers

    Manque de reconnaissance et conditions de travail qui impactent la santé mentale 

    L’étude montre que 60 % des salariés ont le sentiment d’être de « simples exécutants » et 84 % souhaitent être reconnus par leur direction, mais seulement 49 % déclarent se sentir effectivement reconnus. Moins de quatre salariés sur dix reçoivent des remerciements ou un retour sur leur travail. Le baromètre constate qu’en l’absence de reconnaissance par le manager, le taux de détresse psychologique monte à 63 %, contre 44 % lorsque la reconnaissance est présente.

    Selon Christophe Nguyen, la succession de crises économiques et géopolitiques a contribué à la dégradation des conditions de travail et de la santé mentale des salariés. « On néglige cette question de la santé mentale en période de crise économique et financière, et on considère que ce qui est prioritaire, c’est la survie [de l’entreprise], qui justifie d’être en surcharge de travail », explique-t-il. La prévention des risques psychosociaux reste insuffisante, avec seulement 11 % des salariés travaillant dans un environnement offrant un climat de sécurité psychologique élevé.

    Prévention et formation des managers

    Le psychologue recommande de « parler sans tabou des sujets de santé psychologique au travail, avec des psychologues, des médecins du travail », et de « former les managers ». Il précise que les entreprises qui mettent en place des actions de sensibilisation et d’accompagnement constatent une diminution des risques psychosociaux.

    L’étude met également en avant l’impact des charges de travail et de l’organisation sur la détresse psychologique, en particulier chez les jeunes salariés et les employés. La combinaison de la surcharge de travail, du manque de reconnaissance et de la faible prévention est identifiée comme un facteur clé de détérioration de la santé mentale au travail.

    Les données de 2026 indiquent que le recours à la prévention et la formation managériale reste limité, ce qui laisse une proportion importante de salariés exposée à des risques de burn-out et d’épuisement psychologique dans les mois à venir.

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    Jean-Philippe Marcon

    Picard depuis mon enfance, à l’issue de mes études de journalisme j'ai décidé de communiquer autour du beau département de l'Aisne sur Axonais.

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