Depuis le début de l’année, Hertz s’est lancé dans une opération massive de ventes de sa flotte de voitures électriques. Après une première vague en février dernier, il prévoit de se débarrasser de 10 000 nouvelles voitures de sa flotte. En cause, la dépréciation des voitures électriques sur le marché de l’occasion et surtout leurs coûts d’entretien trop élevés.
La voiture électrique inquiète les professionnels
À la fin de l’année 2023, le pourcentage de parts de marché de la voiture électrique avait réussi à dépasser celui des voitures diesel. Toutefois, cette progression a été ralentie au début de l’année par plusieurs raisons, dont la baisse des subventions à l’achat.
Malgré tout, l’engouement pour la voiture électrique en France ne semble pas faiblir. Au mois d’avril 2024, la voiture électrique occupait seulement 17 % de parts de marché. Il faut dire que par rapport à la voiture thermique, l’électrique est un véhicule très avantageux, notamment pour les particuliers.
L’achat de la voiture électrique est subventionné par des aides étatiques. De plus, en dépit de la hausse du coût de l’électricité, la voiture électrique reste moins coûteuse à l’utilisation, ce qui permet de faire des économies sur le carburant.
Pour les professionnels par contre, la réalité est tout autre. Détenant de grandes flottes, les entreprises de location de voitures électriques doivent faire face à des frais très importants. C’est la contrainte à laquelle fait actuellement face Hertz, la firme américaine de location de voitures.
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L’entreprise a commandé 65 000 modèles Polestar 2 au début de l’année 2022 pour renforcer sa flotte aux États-Unis et dans le reste du monde. Cet achat massif s’inscrivait dans la politique d’offres plus écologiques pour sa clientèle. Deux ans après cet investissement, Hertz prend un revirement radical.
Hertz retourne aux voitures thermiques
En début d’année 2024, Hertz a décidé de se débarrasser de la moitié de sa flotte de voitures électriques. Près de 20 000 Tesla Model 3 ont ainsi été revendus, puis remplacés par des modèles thermiques. Elle a enchaîné au mois de février avec une partie de ses modèles Polestar.
Mais Hertz ne s’est pas arrêtée-là. Selon le site américain Autoweek, l’entreprise a prévu de se débarrasser de 10 000 nouvelles voitures électriques d’ici quelques semaines. Au total, elle a prévu de se séparer de 30 000 véhicules pour le compte de l’année 2024.
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Si pour les particuliers qui souhaitent s’offrir un modèle électrique en occasion à un prix abordable, c’est une bonne nouvelle, pour Hertz, il s’agit d’une tentative de sauvetage. Les voitures électriques ont coûté beaucoup d’argent à l’entreprise depuis le début de l’année. Au premier trimestre, chacune d’elle lui a fait perdre 392 dollars.
Une voiture électrique coûte environ 2% plus cher à entretenir qu’une voiture thermique. Si pour un particulier, cela reste abordable, il suffit de répercuter cette différence sur une flotte de 30 000 véhicules pour comprendre que pour les entreprises de location, la facture est très salée. En moyenne, il faut compter 4 474 dollars de frais de réparation chez la plupart des concessionnaires et jusqu’à 5 552 dollars quand il s’agit d’un modèle Tesla.
Ce coût s’explique par les multiples technologies embarquées qui équipent ces véhicules et dans les années à venir, ces coûts pourraient encore évoluer et avec eux, les frais d’assurance risquent aussi d’augmenter.
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À cela, il faut ajouter la dépréciation des modèles électriques. À partir de 4 ou 5 ans, leur perte de valeur est plus importante par rapport aux modèles thermiques. En clair, leur valeur à la revente est inférieure à celle des voitures thermiques avec des caractéristiques identiques. C’est aussi ce qui explique que Hertz ait décidé de vendre une partie de sa flotte pour éviter de perdre trop d’argent deux ans seulement après l’avoir constituée.