Mardi, l’agence fédérale américaine en charge de la sécurité routière, la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), a ouvert une enquête sur les taxis autonomes de la société Waymo. À l’origine du lancement de cette procédure, 22 rapports sur le danger de la conduite autonome pour la sécurité routière, selon lesquels le système de Waymo semble avoir des réactions inappropriées qui seraient à l’origine de plusieurs accidents de la route.
Des cas d’accidents qui se multiplient
Le 14 mars dernier, la société de taxis autonomes Waymo a annoncé le lancement de sa deuxième flotte de voitures à Los Angeles, après San Francisco, signe que son service de navettes sans chauffeur est en pleine expansion aux États-Unis.
La société a annoncé qu’il s’agissait de véhicules avec un système de conduite autonome de niveau 4, ce qui implique qu’ils sont capables d’effectuer des trajets sans aucune intervention humaine. Avec plus de 50 000 trajets hebdomadaires, Waymo prévoit déjà un déploiement à Austin fin 2024.
Malheureusement, l’euphorie de ce nouveau déploiement n’aura pas duré bien longtemps. Mardi, l’agence fédérale américaine de la sécurité routière (NHTSA) a lancé une procédure pour enquêter sur les multiples cas d’accidents impliquant les voitures de la société.
Alertée par la publication de 22 rapports, la NHTSA a abouti à la conclusion que les systèmes de conduite autonome de Waymo échappaient au contrôle des dispositifs de sécurité. C’est ce qui explique que des accidents se soient produits peu de temps après que ces systèmes ont eu “un comportement inattendu à proximité des dispositifs de contrôle”.
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Les taxis autonomes seraient impliqués dans 17 affaires de collisions sur les 22 incidents constatés. Pour la plupart, il s’agit de collisions avec des véhicules en stationnement, mais aussi d’accrochages avec des éléments en semi-stationnement ou fixes comme des portails. À cela s’ajoute l’entrée dans des zones en chantier ou la circulation en sens interdit.
Une enquête sur les performances du système de Waymo
Si les véhicules fonctionnant avec le système autonome de niveau 4 sont capables de rouler sans intervention humaine, leur conduite est limitée à une zone géographique verrouillée. Ce n’est pas le cas pour les modèles de cinquième génération. Autorisés à rouler sur une voie ouverte, ils constituent l’idéal que poursuit Waymo et la prochaine étape dans son déploiement.
À propos de ces derniers, l’enquête de la NHTSA permettra de savoir s’ils présentent “un risque déraisonnable pour la santé”. Si c’est le cas, Waymo se verra obligé de se soumettre à l’obligation de rappel massif de sa flotte et ce ne serait pas la première fois.
Au mois de février 2024, des cas de collisions consécutives avec une camionnette remorquée à Phoenix avaient obligé la société à rappeler 444 véhicules. L’incident était survenu à cause d’une erreur logicielle qui aurait empêché les véhicules à faire une évaluation correcte du mouvement de la camionnette.
D’autres systèmes autonomes dans le collimateur de la NHTSA
La société Waymo avait jusque-là un avantage concurrentiel de taille avec ses voitures de niveau 4. Chez Tesla, le système de conduite autonome appelé AUTOPILOT est encore au niveau 2 tandis que chez Mercedes, on passe à peine à la conduite autonome de niveau 3. Seul Volkswagen a annoncé récemment être prêt à proposer des technologies de conduite autonome de niveau 4 en série sur ces modèles.
Cette série d’événements apporte de l’eau au moulin de la National Highway Traffic Safety Administration qui avait déjà plusieurs enquêtes en cours. Au mois d’avril, une enquête avait été ouverte sur le système de conduite autonome de Ford, BlueCruise. Son implication dans deux accidents mortels survenus en Pennsylvanie et au Texas avait alors été confirmée. Des Ford Match-E seraient également impliqués dans des cas de collisions de véhicules stationnés sur la bande d’arrêt d’urgence, selon une enquête menée par la National Transport Safety Board (NTSB).
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