La voiture thermique disparaîtra-t-elle réellement d’ici 2035 ? C’est la question que soulève la crise actuelle de l’électrique. Malgré la croissance que connaît le marché de la voiture électrique, elle est loin d’égaler les prévisions européennes pour ce premier trimestre 2024. En cause, une baisse du volume des ventes, notamment au niveau du leader Tesla. L’électrique fait-il face à une crise ?
Tesla en pleine crise
Depuis le début de l’année 2024, Tesla fait face à une crise majeure : une baisse considérable du volume de ventes de ses voitures électriques. En raison de l’impact sur les revenus de l’entreprise, celle-ci a annoncé renoncer au lancement de la sa nouvelle voiture « à prix abordable » prévue pour être vendue autour 25 000 dollars.
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De même, le 15 avril, les employés ont été informés de la décision de licenciement de 10 % du personnel dans un courriel signé par le patron, Elon Musk. Cette décision a été justifiée par une réduction des coûts et une augmentation de la productivité.
Un net recul du marché de l’électrique en Europe
La crise que traverse Tesla intervient dans un contexte général de recul du marché de la voiture électrique, notamment en Europe. Selon les chiffres sur les ventes réalisées en mars 2024 publiées le jeudi 18 avril 2024 par le Comité des constructeurs européens, on relève un recul général sur le Vieux continent.
Le rapport a annoncé un recul de 11,5 % sur une année, ce qui a directement eu un impact sur la part de marché des voitures électriques estimée désormais à 13 % de l’ensemble des véhicules vendus. Plusieurs ménages européens auraient différé leur projet d’achat de voitures électriques neuves et pour cause.
L’impact de la hausse de la part de marché sur les recettes nationales sur le carburant a poussé plusieurs Etats européens à opérer des restrictions budgétaires sur les aides à l’achat des voitures électriques. À cela s’ajoute la hausse des taux d’intérêt sur les crédits autos qui ont contribué à élever le coût final. Les impacts se sont aussi fait sentir sur le marché de la location de voiture longue durée (leading).
Des disparités selon les pays
Si le recul des ventes dans l’électrique touche l’Europe entière, il convient tout de même de préciser que tous les États européens ne sont pas affectés de la même façon. À ce jour, le pays le plus touché reste l’Italie. En mars sur un an, le pays a vu les ventes de voitures électriques reculer de 35 %. Il est suivi en deuxième position de l’Allemagne qui a connu un recul de 29 %. Un recul qui avait déjà été entamé dès novembre.
La France reste l’un des rares pays à être épargné ; elle a plutôt connu une augmentation des ventes de 11 %. Selon le rapport du Comité des constructeurs européens, cela est principalement dû au leasing social instauré depuis le 1er janvier. Il s’agit d’un dispositif permettant aux ménages modestes de faire de la location de voitures électriques pour un coût mensuel de 100 euros sur 3 ans au moins.
Si les constructeurs travaillent activement à livrer les 50 000 commandes passées, le dispositif a été interrompu pour cette année et devrait reprendre seulement en 2025. Il se pourrait donc que cette montée en puissance de l’électrique en France soit passagère.
Les constructeurs européens les plus touchés
Constructeur non européen et leader du marché de l’électrique, Tesla accuse le plus grand coup avec moins 30 %. Dans le rang des constructeurs européens, les plus touchés par la chute des ventes de voitures électriques sont Stellantis avec 25 % et Volkswagen avec 9 %. Chez Renault, les dégâts sont moins importants avec une baisse de seulement 2 %. Le seul qui s’en sort plus ou moins bien est Toyota dont les ventes ont progressé.
Avec cela, ils doivent tous faire face à l’arrivée de constructeurs automobiles chinois et leurs voitures électriques à prix cassé comme CHERY qui arrive sur le marché européen à la suite de BYD et dont l’ambition est de produire et de vendre en masse depuis son usine espagnole.