Le nombre d’infractions annuelles constatées par les radars autonomes ne dépasse pas la moyenne de 3 à 5 millions. Pourtant, c’est sur cet équipement que repose désormais la stratégie de sécurité routière des autorités françaises. Il se pourrait que leur nombre soit multiplié par 3, voire 4 dans les années à venir, ce qui présage de millions de procès-verbaux supplémentaires.
Des équipements deux fois plus efficaces pour la sécurité routière
En France, le parc de radars se composait de 4447 appareils au 22 septembre 2022, dont plus de la moitié sont des radars fixes, ce qui est normal puisque c’est avec ces modèles que le contrôle automatisé a démarré en France en octobre 2003. Il a fallu attendre juillet 2015 pour l’installation du tout premier radar chantier, rebaptisé “radar autonome”. C’est donc l’un des derniers types de radars à avoir été autorisés sur les routes françaises.
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Leur utilisation est restée relativement faible en raison de leur parc relativement faible. Avec 22 unités initiales sur les 4116 radars déployés à l’époque, le radar chantier ne représentait que 0,5 % du parc total de radars. Pourtant, à eux seuls, ils ont pu générer près de 1 % des 20 millions de flashs enregistrés cette année-là. En clair, les radars chantiers se sont montrés deux fois plus efficaces que les modèles existants.
En 2016, soit près d’un an après le premier déploiement, le parc de radars chantiers composé alors de 203 appareils représentait seulement 4,6 % du parc national. Malgré ce chiffre plutôt faible, il avait généré à lui seul 14 % des flashs à l’année, à raison de 3,56 millions. En 2017, le nombre d’appareils est passé à 275 appareils, à raison de 6,2 % du parc national. Ils avaient réussi à générer 4,98 millions de flashs, soit 19 % de la moyenne nationale. Les appareils sont donc devenus 3 fois plus efficaces.
Radars autonomes, des cibles de vandalisme
Si l’efficacité des radars chantiers est une aubaine pour les autorités de sécurité routière, elle a contribué à faire monter la grogne dans le rang des usagers de la route. Bien qu’ils soient protégés par un blindage très épais, ils sont devenus les cibles d’actes de vandalisme réguliers. Lors de la crise des gilets jaunes entre 2018 et 2019, le record de dégradations a atteint des records. Leur nombre est alors descendu sous la barre des 250 unités et c’est resté ainsi jusqu’en 2020.
A partir de 2021, l’appellation “radar chantier” a été abandonnée pour celle de “radar autonome”. La majorité du parc avait alors été assignée à d’autres tâches comme la surveillance d’itinéraires sécurisés. Cela a permis de relancer leur niveau d’efficacité. Leur nombre est passé à 300, avant d’atteindre la barre des 340 unités à la fin de l’année 2022.
Au 1er août 2023, la France comptait 440 radars autonomes en service selon la Cour des comptes. Au mois de septembre, ils étaient passés à 500 unités, sachant que l’objectif était d’en installer 600 unités au 31 décembre 2023. En 2024, leur nombre doit atteindre les 800 unités selon les prévisions. Cependant, avec la hausse des actes de vandalisme dans toute la France, cet objectif risque d’être difficile à atteindre.
Plus de 6,5 millions de PV en 2023
Avec les 340 radars autonomes, soit 7,5 % que comptait le parc national au 31 décembre 2023, ce sont 6,56 millions de conducteurs qui se sont fait verbaliser. En clair, chaque appareil a été capable de flasher 19 345 fois en une année. À côté, les radars tourelles ne comptent que 5 093 flashs par unité pour la même période, soit 4 fois moins et les voitures radars, 3761 flashs par unité, soit 5 fois moins. Pour 2024, les autorités de sécurité routière prédisent un record de 16 millions de messages d’infractions délivrés grâce aux 800 radars autonomes prévus. Cette efficacité vient principalement du fait que ces équipements peuvent être déplacés d’un axe à un autre, sur une période relativement courte, de sorte à surprendre les automobilistes indélicats.