Alors que les constructeurs européens peinent à faire face à la concurrence chinoise, l’UE a décidé d’adopter des lois afin de limiter l’importation des voitures chinoises. Toutefois, cette politique protectionniste risque de se heurter à un véritable obstacle : l’installation prochaine de plusieurs usines automobiles chinoises au sein de l’union et dans les pays limitrophes.
10 usines chinoises à l’horizon 2023
L’objectif de l’Union européenne, à travers la mise en place de barrières douanières est de faire baisser les importations. Cela devait à terme obliger les constructeurs concernés à optimiser leurs investissements dans la région où ils importaient en faveur de la production locale.
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C’est une stratégie que les constructeurs chinois ont bien saisie et ils sont nombreux à déployer une politique dans ce sens. Certains travaillent activement déjà à délocaliser, ne serait-ce que partiellement, leur production de la Chine vers l’Europe. Au rythme où vont les choses, l’Europe comptera au moins 10 usines automobiles de production de voitures chinoises d’ici 2030.
Des groupes automobiles ouvrent la voie
À l’heure actuelle, ils ne sont que deux à avoir officiellement installé leurs usines en Europe pour la production de leurs véhicules : Chery en Espagne et BYD en Hongrie avec un démarrage de la production prévue respectivement pour 2025 et 2026.
Si Stellantis n’est pas un constructeur d’origine chinoise, le groupe franco-italien pourrait faire partie des premiers à produire en Europe des voitures chinoises grâce à son récent partenariat avec la marque chinoise Leapmotor. Pourtant, il y a encore quelques mois, il avait appelé les autorités européennes à mettre en place des mesures pour réduire l’installation des constructeurs chinois.
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S’il s’agit encore de rumeurs, il se pourrait que des modèles de la marque chinoise soient produits par plusieurs usines du groupe. Stellantis prévoirait de produire la T03 en Pologne et de la C10 en Italie dans une usine Fiat, mais d’autres sites du groupe en Espagne, en France et en Allemagne seraient concernés.
La Turquie et l’Italie veulent leur part du marché
Pour l’Italie, la perspective de voir des voitures Leapmotor produites dans une usine présente sur son sol est très intéressante. Cependant, cela ne semble pas vouloir suffire. L’objectif ultime serait d’obtenir un investissement, un but pour lequel le gouvernement est en pleine négociation avec plusieurs constructeurs en échange d’offres intéressantes.
D’autres pays de l’UE risquent d’emboîter le pas à l’Italie et ils ne seraient pas contre un investissement de plusieurs centaines de millions ou milliards d’euros. Hors de l’UE, la Turquie a aussi montré son intérêt. Pourtant, il y a encore une année à peine, le pays avait mis en place des mesures à la chaîne pour empêcher les constructeurs chinois de s’installer afin de booster Toog, la marque automobile nationale.
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Parmi les prétendants à l’installation en Turquie ou en Italie, il y a les deux leaders actuels, BYD et CHERY, mais aussi des outsiders, dont Changan, Dongfeng et Greatwall.
Quid de MG ?
La marque chinoise appartenant au groupe SAIC est très attendue dans la course pour l’installation d’usine en Europe et elle ne comptait pas rester en marge. Une prochaine installation d’usine est prévue par le groupe, mais on ne sait encore rien du pays qu’il a choisi pour ce projet.
Comme d’autres constructeurs automobiles à potentiel, MG est très courtisée par la Turquie et l’Italie. Cependant, les pronostics vont en faveur du Royaume-Uni, qui est le pays d’origine de la marque. Celle-ci possède d’ailleurs déjà de vastes locaux d’études à Longbridge sur une partie du site de son ancienne usine.
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Des conséquences terribles pour le marché automobile européen
Comme on peut s’y attendre, l’implantation massive d’usines de production de voitures en Europe va complètement bouleverser le marché automobile européen. En l’état actuel, celui-ci est déjà suffisamment saturé et cet afflux risque d’entraîner une surcapacité dont la conséquence sera la réduction de capacité ou la fermeture d’autres usines.