Cela fait des mois que le torchon brûle entre Stellantis et le gouvernement italien. Lors de leur dernière altercation, des véhicules du groupe avaient fait l’objet d’une procédure de saisie massive. Le 27 mai dernier, le ton est une nouvelle fois monté et le patron du groupe, Carlos Tavares, qui avait jusque-là fait profil bas, a décidé de taper dans la fourmilière.
“Je crois que le gouvernement grec est très fier…”
Pour Carlos Tavares, les manœuvres du gouvernement italien contre le groupe automobile qu’il dirige sont de l’ordre de la mesquinerie. Alors, pour le patron de Stellantis, toutes les occasions sont bonnes pour remettre les pendules à l’heure.
Le 27 mai 2024, la conférence Lancia retransmise en direct a été pour lui l’occasion de prendre la parole pour tacler l’Italie. À la fin de son allocation, il a déclaré : « Je crois que le gouvernement grec est très fier que l’on appelle la voiture Lancia Ypsilon ».
Lancia Ypsilon est le nom de la dernière voiture d’une marque italienne détenue par le groupe. “Ypsilon” étant la 20ème lettre de l’alphabet grec, équivalent du Y dans l’alphabet français. Un nom qui ne semble visiblement poser aucun problème au gouvernement grec, contrairement à son homologue italien.
Une guerre dont la fin n’est pas proche
On ne compte plus le nombre de fois où le gouvernement italien et Stellantis se sont retrouvés en conflit. Ce que les autorités reprochent au groupe automobile, c’est d’avoir dépouillé l’Italie de son savoir-faire dans le domaine de l’automobile.
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En effet, Stellantis est accusé d’être à l’origine de la fermeture de plusieurs usines de marques italiennes qui n’avaient pas sa faveur et d’avoir mis ainsi au chômage des milliers de personnes. Si le groupe comprend actuellement 14 différentes marques, il y en a au moins cinq qui sont d’origine italienne : Lancia, Fiat, Alfa Romeo, Maserati et Abarth.
À ces accusations, le patron de Stellantis a toujours répondu qu’il n’y était rien, présentant comme justificatifs les nombreux investissements réalisés en Italie par l’entreprise dont il a la tête. Malgré tout, cela ne semble pas avoir suffi pour calmer les ardeurs des dirigeants. Au contraire, leur méfiance s’est plutôt traduite par des actions ciblées contre les nouveaux produits du constructeur sochalien.
Pour son dernier Alfa Romeo Milano, nommé ainsi en hommage à la ville de Milan, Stellantis a dû remplacer le “Milano” à la suite d’accusation de plagiat. Plus récemment, le groupe a dû faire face à une importante saisie de plus d’une centaines de Fiat Topolino au Port de Livourne. En cause, leur carrosserie portait un autocollant représentant le drapeau italien alors que les véhicules sont assemblés hors d’Italie, plus précisément au Maroc.
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Cette énième situation, à laquelle Stellantis a une nouvelle fois répondu avec diplomatie, a fini de créer une vraie scission avec le gouvernement italien, bien que le groupe automobile y ait vu une véritable volonté de nuire. Il avait d’ailleurs anticipé une nouvelle attaque en supprimant également du parechoc de la Fiat 600 le drapeau italien, elle aussi fabriquée en dehors de l’Italie.
Un Tavares au bord de l’agacement
Il n’en a pas fallu plus pour pousser Carlos Tavares au bord de l’agacement au point où il ne s’est pas privé de le montrer lors de la conférence de presse du 27 mai. Il a surtout profité de sa prise de parole pour revenir sur les valeurs de ses équipes en Italie. La Lancia Ypsilon avait été le fruit d’un véritable travail d’équipe et cela s’est fait ressentir aussi bien au niveau de l’ingénierie que du design et des différents réglages. Il serait donc mal venu de ne pas considérer l’implication des équipes italiennes depuis le siège de Lancia à Turin, au motif que la voiture a été assemblée en dehors du territoire italien. Il a conclu en précisant : “c’est un pur produit italien.”