La transition énergétique est loin d’être simple pour les constructeurs automobiles européens. Exposés à la concurrence féroce des industriels chinois et à une demande fluctuante, Stellantis et sa co-entreprise ACC (Automotive Cells Company) revoient leur stratégie de production de batteries.
Les défis des batteries NMC pour Stellantis
Le secteur des batteries de traction connaît des bouleversements majeurs. Alors que les constructeurs européens tentaient de rattraper leur retard sur les fabricants chinois, les décisions stratégiques prises trop rapidement montrent aujourd’hui leurs limites. Le projet de créer un Airbus de la batterie, porté par ACC, se heurte à la réalité d’un marché de l’électrique encore émergent et dominé par les technologies asiatiques.
La présentation de la Citroën ë-C3 équipée de modules LFP (lithium, fer et phosphate) a révélé un changement de cap important. En effet, les batteries LFP, moins coûteuses et plus sûres que les versions NMC (nickel-manganèse-cobalt), sont en train de s’imposer sur le marché. Cela est particulièrement vrai pour les modèles abordables, alors que le prix moyen d’un véhicule électrique est de 42 000 euros, et que la batterie représente entre 40 et 60 % de ce coût.
Un pivot technologique nécessaire
Face à cette pression, Stellantis, principal actionnaire d’ACC avec 45 % des parts, a décidé de mettre en pause la construction de deux nouvelles gigafactories prévues en Allemagne et en Italie. Carlos Tavares, CEO de Stellantis, a expliqué : « Nous allons ajuster nos plans d’investissement dans les véhicules électriques au rythme de croissance des ventes de véhicules électriques sur le marché. » En conséquence, les projets d’usines à Kaiserslautern et à Termoli sont suspendus.
ACC souhaite effectuer un pivot technologique pour s’adapter à l’évolution rapide des demandes du marché. Selon Matthieu Hubert, secrétaire général de l’entreprise, cette décision est motivée par une préférence croissante des consommateurs pour des produits moins onéreux, comme les batteries LFP. Les batteries lithium-ion NMC, utilisées jusqu’à présent, sont déjà en passe d’être dépassées par cette technologie alternative, maîtrisée par des géants chinois comme CATL.
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Stratégies d’adaptation et engagements futurs
ACC, en partenariat avec Mercedes et TotalEnergies, prévoit de maintenir son projet de seconde ligne de production à Billy-Berclau, dans les Hauts-de-France. Cependant, l’entreprise précise que le développement de nouvelles technologies nécessitera une nouvelle phase de recherche. Un calendrier stratégique devrait être confirmé d’ici fin 2024 ou début 2025.
La domination chinoise dans le secteur des batteries, combinée à leur rapidité d’adaptation, oblige les constructeurs européens à revoir constamment leurs stratégies. Si ACC souhaite réellement devenir l’Airbus de la batterie, elle devra accélérer son rythme d’innovation pour rester compétitive face à des concurrents comme CATL.
En somme, l’avenir de la production de batteries en Europe dépendra de la capacité des constructeurs à s’adapter aux évolutions technologiques et aux attentes des consommateurs, tout en maîtrisant les coûts de production pour proposer des modèles électriques abordables.