Des roches fondantes pour une énergie propre ? Une entreprise américaine innove avec une puissance superchaude de 400°C.
Une entreprise américaine, Quaise Energy, révolutionne l’industrie géothermique en développant une technologie capable de puiser dans les sources des roches superchaudes, offrant une perspective plus performante comparée aux centrales géothermiques traditionnelles.
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Contrairement aux centrales géothermiques habituelles qui opèrent entre 100°C et 250°C, le véritable potentiel réside dans les roches superchaudes, dont les températures dépassent 375°C. Ce type de roche représente une source d’énergie géothermique nettement plus puissante grâce à la présence d’eau supercritique, une phase dense en énergie semblable à la vapeur.
Une percée technologique dans le forage
Quaise Energy mise sur l’énergie des ondes millimétriques pour fondre et vaporiser la roche, permettant un forage plus profond que jamais, surpassant même le forage Kola de 7,6 miles en Russie. Cette technologie pourrait transformer l’accès à cette source d’énergie inédite et particulièrement efficace.
Les implications de la recherche de Dichter
Daniel Dichter, ingénieur mécanique senior chez Quaise, apporte de nouvelles perspectives sur la conception des centrales géothermiques superchaudes. “Bien que la teneur en chaleur de l’eau supercritique soit plus élevée, le débit massique à travers les conduites diminue, ce qui annule essentiellement l’avantage,” explique Dichter. Néanmoins, il a découvert que de l’eau à une température de production, ou de surface, aussi basse que 350°C peut encore générer de l’énergie “jusqu’à un ordre de grandeur supérieur à celles des systèmes géothermiques conventionnels.” Il souligne cependant que “des conditions supercritiques dans le réservoir [la roche ultra-chaude en profondeur] peuvent toujours être nécessaires pour atteindre une production sous-critique en raison des pertes entre la surface et le réservoir.”
Utilisation de turbines standard et économies potentielles
Les systèmes géothermiques superchauds permettent l’utilisation de turbines standard, disponibles et moins coûteuses, pour la production d’électricité, rendant cette technologie plus accessible. L’eau supercritique, contenant 5 à 10 fois plus d’énergie que l’eau chaude conventionnelle, promet une efficacité accrue dans la conversion énergétique.
Renaissance géothermique et perspectives futures
La recherche indique une renaissance dans le domaine géothermique, alimentée par l’innovation et l’intérêt renouvelé pour des solutions de chauffage allant des centrales électriques aux pompes à chaleur domestiques. Cette évolution pourrait bien redéfinir les méthodes de production énergétique propre et durable à l’échelle mondiale.
Cette avancée, présentée lors du 50e Atelier Géothermique de Stanford, souligne l’importance croissante de la géothermie dans le paysage énergétique global, offrant une alternative plus propre et plus efficace aux sources traditionnelles, tout en ouvrant la voie à des applications diverses allant au-delà de la simple production électrique.
La géothermie commence à s’imposer comme une alternative écologique intéressante
La géothermie pourrait couvrir 15% de la croissance de la demande mondiale en électricité d’ici 2050, avec un potentiel de 800 gigawatts de puissance électrique. Le marché mondial de la géothermie devrait atteindre 50 milliards d’euros d’ici 2027, avec un taux de croissance annuel moyen d’environ 2% entre 2021 et 2027. En Europe, la Turquie domine avec 1523 MW de puissance installée, suivie de l’Italie (916 MW) et de l’Islande (754 MW). Aux États-Unis, la capacité géothermique installée atteint 2653 MW en 2022, soit la plus importante au monde. Les investissements mondiaux dans le secteur pourraient s’élever à 1000 milliards d’euros d’ici 2035 et 2500 milliards d’ici 2050.
Source : https://pangea.stanford.edu/ERE/pdf/IGAstandard/SGW/2025/Dichter.pdf