La mise en place d’une plateforme d’indemnisation par Stellantis pour les propriétaires de véhicules équipés de moteurs PureTech défectueux suscite une vague de mécontentement sans précédent. Nous avons mené l’enquête pour comprendre les raisons de cette colère et les enjeux de cette crise qui secoue le géant de l’automobile.
Un dispositif d’indemnisation controversé
Le 15 janvier 2025, Stellantis a lancé sa plateforme d’indemnisation, censée répondre aux demandes des clients victimes de pannes liées aux moteurs PureTech. Mais, ce qui devait être une solution est rapidement devenu source de frustration pour de nombreux propriétaires.
L’un des points les plus critiqués concerne les critères d’éligibilité. Seuls les incidents survenus entre le 1er janvier 2022 et le 18 mars 2024 sont pris en compte, laissant de côté de nombreux cas antérieurs ou postérieurs à cette période. Cette restriction temporelle est perçue comme une manœuvre délibérée pour limiter le nombre de demandes recevables.
De surcroît, la procédure elle-même s’avère être un véritable parcours du combattant. Les usagers doivent fournir une multitude de documents, dont :
- Les factures détaillées des trois dernières révisions
- La preuve d’un diagnostic réalisé dans un réseau agréé Stellantis
- L’identification précise du modèle de véhicule
Cette complexité administrative décourage de nombreux propriétaires qui abandonnent leurs démarches en cours de route.
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Les conséquences financières et morales pour les usagers
Au-delà des complications administratives, c’est l’ampleur des préjudices non reconnus qui alimente la colère des propriétaires. De manière similaire, le protocole d’indemnisation proposé par Stellantis ne prend en compte qu’une partie des dommages subis.
Les préjudices moraux, financiers et corporels sont exclus du champ d’application de la plateforme. Cette limitation soulève des questions quant à la responsabilité du constructeur face aux conséquences globales de ces défaillances techniques.
Un exemple frappant est celui de la décote des véhicules sur le marché de l’occasion. Les propriétaires de modèles équipés de moteurs PureTech voient la valeur de leur bien chuter drastiquement, sans qu’aucune compensation ne soit envisagée par Stellantis.
Nous avons interrogé Sébastien Czerniak, fondateur d’un groupe Facebook regroupant des usagers concernés, qui déplore : « La plateforme d’indemnisation ne tient pas compte de la perte de valeur de nos véhicules. C’est pourtant une conséquence directe de ces problèmes mécaniques. »
| Type de préjudice | Pris en charge par Stellantis |
|---|---|
| Réparations mécaniques | Oui (sous conditions) |
| Préjudice moral | Non |
| Décote du véhicule | Non |
| Frais annexes (location, perte de salaire, etc.) | Non |

Vers une action collective d’envergure
Face à ce qu’ils considèrent comme une injustice, de nombreux propriétaires se mobilisent. Maître Christophe Lèguevaques, avocat spécialisé dans les actions collectives, prépare une plainte pour fraude, pratique commerciale trompeuse et mise en danger de la vie d’autrui. Cette démarche juridique vise à obtenir une indemnisation plus juste et complète pour les victimes.
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L’objectif est d’éviter un scénario similaire à celui de l’affaire des respirateurs Philips, où l’entreprise avait finalement transigé pour un montant bien inférieur aux estimations initiales. En janvier 2024, Philips avait accepté de payer 1,1 milliard de dollars aux États-Unis pour clore les poursuites liées à ses appareils défectueux.
Cette mobilisation des usagers et de leurs représentants légaux met en lumière les enjeux plus larges de la responsabilité des constructeurs automobiles. Alors que la concurrence internationale s’intensifie, notamment avec l’arrivée massive des constructeurs chinois en Europe, la confiance des consommateurs devient un enjeu crucial pour les marques établies.
Dans ce contexte, l’affaire des moteurs PureTech pourrait avoir des répercussions importantes sur l’image de Stellantis et, plus largement, sur l’industrie automobile européenne. Alors que le groupe fait face à d’autres défis technologiques, notamment dans le domaine des batteries électriques, la gestion de cette crise sera déterminante pour son avenir.
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En tant que spécialistes de l’industrie automobile, nous continuerons à suivre de près l’évolution de cette affaire, qui pourrait bien marquer un tournant dans les relations entre constructeurs et consommateurs.