
Les prix des carburants restent orientés à la hausse en France dans un contexte de tensions internationales et de perturbations logistiques, avec des perspectives de baisse jugées incertaines à court terme.
Depuis la fin février, marquée par le conflit impliquant l’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, les tarifs des carburants à la pompe ont progressé. L’essence atteint environ 2 euros par litre en moyenne, soit une hausse d’environ 15 %, tandis que le diesel dépasse 2,30 euros le litre, en progression de 34 %. Cette évolution s’inscrit dans un environnement de volatilité accrue des cours pétroliers, récemment amplifiée par les tensions entre les États-Unis et l’Iran.
Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E. Leclerc, a déclaré sur Europe 1 : « Ça ne baissera pas de sitôt et si ça baisse, ce que je souhaite, c’est que ce soit du sérieux parce que pour le moment c’est du yoyo ». Il anticipe « au moins six mois, peut-être jusqu’à l’hiver prochain, de crise énergétique devant nous », évoquant des infrastructures endommagées et des flux maritimes perturbés.
Des désaccords entre distributeurs et gouvernement sur les leviers d’action pour la baisse des carburants
Face à la hausse des prix des carburants , le gouvernement français a envisagé un encadrement des marges des distributeurs. Ce projet vise à limiter certains effets liés aux variations du marché, sans fixer directement les prix à la pompe. Le texte doit être examiné par le Conseil national de la consommation et le Conseil d’État. Les distributeurs, dont E. Leclerc, contestent cette approche. Michel-Édouard Leclerc a indiqué : « Ce n’est pas ça qui fera baisser les prix ». Il met en avant une autre mesure, la suspension des certificats d’économies d’énergie, qui pourrait selon lui « diminuer le prix de l’essence de l’ordre de 15 à 17 centimes » dès « demain ».
Le dirigeant souligne aussi les difficultés opérationnelles liées à l’instabilité des marchés. « C’est impossible aujourd’hui même pour un opérationnel, pour un distributeur, pour un acheteur d’avoir un plan d’achat », a-t-il expliqué, évoquant des variations pouvant atteindre 60 centimes par litre en une semaine. Il ajoute : « sur ces marchés secondaires, ça flotte aussi ». Quelques jours avant la reprise des tensions, Michel-Édouard Leclerc avait envisagé une baisse progressive des prix comprise entre 10 et 15 centimes, dans un contexte de discussions diplomatiques. Cette hypothèse apparaît désormais incertaine.
Une réunion entre le gouvernement et les représentants des distributeurs est prévue afin d’examiner l’évolution des prix. Selon le cabinet du ministre délégué aux PME, Serge Papin, cet échange doit permettre d’évaluer la situation actuelle. En parallèle, Michel-Édouard Leclerc indique que les prix des produits de grande consommation ne devraient pas évoluer à court terme, tout en précisant que des répercussions pourraient apparaître si la crise énergétique affecte durablement les coûts de production des fournisseurs.