
La crise énergétique mondiale connaît une aggravation au mois d’avril, selon les déclarations de Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Il indique que la situation pourrait se détériorer davantage par rapport au mois précédent.
Lors d’une conférence de presse tenue le 13 avril, Fatih Birol a affirmé que le mois d’avril « devrait être encore pire que mars » pour l’ensemble du secteur énergétique. Il précise que les livraisons observées en mars provenaient de cargaisons « chargée avant le début de la crise (…) Rien n’a pu être chargé » dans le Golfe depuis le début du mois d’avril. Cette interruption affecte les flux d’approvisionnement en hydrocarbures.
Le dirigeant de l’AIE a qualifié la situation actuelle de « plus importante crise énergétique de l’histoire ». Il a précisé que cette crise concerne plusieurs ressources, notamment « le pétrole et le gaz naturel mais aussi d’autres produits de base essentiels, comme les engrais, les produits pétrochimiques ou encore l’hélium ». Ces perturbations touchent différents secteurs industriels et agricoles dépendants de ces matières.
Cette prise de parole intervient à l’issue d’une réunion réunissant plusieurs institutions internationales. Fatih Birol participait à un échange avec Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), et Ajay Banga, président de la Banque mondiale (BM). Cette rencontre visait à coordonner les réponses économiques face aux conséquences du conflit au Moyen-Orient.
Des institutions internationales mobilisées face aux conséquences économiques de la crise énergétique
Kristalina Georgieva a indiqué que les organisations impliquées souhaitent « mettre en commun (leurs) capacités d’évaluation afin de suivre non seulement la crise énergétique mais également comment les pays y répondent ». Cette coordination vise à suivre l’évolution de la situation et les mesures mises en place par les États.
Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont également précisé leurs capacités d’intervention financière. Chaque institution peut mobiliser au moins 20 milliards de dollars pour soutenir les pays confrontés aux effets de la crise. Ajay Banga a déclaré « Si la crise se poursuit, nous réorienterons d’autres projets, ce qui nous permettrait de mettre à disposition dans les six prochains mois un total de 50 à 60 milliards de dollars ».
Les conséquences du conflit sur les infrastructures énergétiques sont également mises en avant. Kristalina Georgieva a signalé que la crise pourrait se prolonger en raison « des dégâts sur les infrastructures » dans les pays du Golfe. Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie, plus d’un tiers des installations énergétiques de cette région ont été gravement endommagées depuis le début du conflit engagé le 28 février.
Ce conflit oppose notamment les États-Unis et Israël à l’Iran, avec des répercussions sur les installations pétrolières et gazières. Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran perturbe les échanges maritimes et limite les exportations d’hydrocarbures. Fatih Birol a rappelé que plus de 80 % des réserves stratégiques mondiales restent disponibles. Il a appelé les États à « ne pas mettre en place de restriction sur les exportations » et à agir en « membre responsable de la communauté internationale ».