La Caisse nationale des allocations familiales (CAF), organisme public chargé du versement des prestations sociales, a annoncé le 15 avril 2026 avoir identifié 508,8 millions d’euros de fraudes au cours de l’année 2025.
Ce montant représente une augmentation de 13 % par rapport à l’année précédente. L’institution explique cette évolution par le renforcement de ses outils de contrôle et une meilleure orientation des vérifications. Chaque année, la Cnaf distribue près de 100 milliards d’euros d’aides à environ 13,5 millions d’allocataires en France. Dans ce cadre, elle a réalisé 29,2 millions de contrôles en 2025. La grande majorité de ces opérations, soit 27,7 millions, est effectuée de manière automatisée.


Ces contrôles reposent sur la comparaison des données déclarées par les bénéficiaires avec celles transmises par plusieurs organismes partenaires, notamment France Travail et l’administration fiscale. En parallèle, 83 000 contrôles ont été menés directement par des agents. Ces vérifications sont assurées par environ 700 contrôleurs, qui peuvent recevoir les allocataires ou se déplacer à leur domicile. Ce dispositif complète les contrôles automatisés et permet d’examiner des situations spécifiques.
Une modernisation des contrôles de la CAF et des montants régularisés élevés
La CAF met en avant deux évolutions dans ses méthodes de contrôle. La première concerne la mise en place de déclarations de ressources préremplies pour les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) et de la prime d’activité. Ces données sont transmises automatiquement par les employeurs et différents organismes publics, ce qui limite les erreurs de déclaration.
La seconde évolution repose sur l’utilisation d’un algorithme destiné à identifier les dossiers nécessitant une attention particulière. Cet outil permet de cibler certains profils pour des contrôles plus approfondis. Son utilisation a fait l’objet de critiques de la part d’associations engagées dans la lutte contre la pauvreté.
Nicolas Grivel, directeur général de la Caisse nationale des allocations familiales, a déclaré : « En sécurisant à la source les données, la modernisation des déclarations réduit le risque et permet le déploiement d’une politique de contrôle plus ciblée et donc efficace ».
L’ensemble des contrôles réalisés en 2025 a permis de régulariser 1,68 milliard d’euros. Sur ce total, 1,27 milliard d’euros correspond à des sommes versées à tort aux allocataires, à la suite d’erreurs déclaratives volontaires ou non. Par ailleurs, 408,9 millions d’euros ont été restitués aux bénéficiaires après réévaluation de leur situation. La CAF indique que les fraudes identifiées peuvent entraîner des sanctions financières. Dans les situations les plus graves, des procédures judiciaires peuvent être engagées par l’organisme.