Ce système révolutionnaire de 56 qubits vient de prouver qu’il pouvait produire un hasard pur, que même les machines les plus puissantes ne peuvent falsifier.
Pour la première fois dans l’histoire, un ordinateur quantique a accompli une tâche que même les supercalculateurs les plus avancés sont incapables de reproduire. Il ne s’agit pas d’un simple exploit théorique, mais d’une application concrète, prête à bouleverser la manière dont nous protégeons nos données. L’humanité entre dans une nouvelle ère de calcul et de sécurité.
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Une performance unique rendue publique
Le 26 mars 2025, un consortium international de chercheurs a dévoilé un exploit majeur en informatique quantique. Grâce à un ordinateur quantique de 56 qubits développé par Quantinuum, il est désormais possible de produire un hasard “certifié”, c’est-à-dire véritablement aléatoire, vérifié par des superordinateurs classiques. Ce processus, nommé “certified randomness”, permet de générer des nombres que personne ne peut prédire ni reproduire. Cela constitue une avancée capitale pour la cryptographie, où le moindre biais peut mettre en danger la sécurité de milliards de transactions dans le monde entier.
| Date | Institution principale | Système utilisé | Résultat |
| Mars 2025 | Quantinuum & JPMorgan | Quantinuum System Model H2 (56 qubits) | 71 313 bits aléatoires certifiés |
Un protocole imaginé il y a 6 ans enfin réalisé
Le concept de hasard certifié a été imaginé en 2018 par Scott Aaronson, professeur à l’université du Texas. À l’époque, ce projet semblait encore purement théorique. Mais grâce aux travaux de son équipe, et à la puissance de l’H2 de Quantinuum, ce rêve est devenu réalité. Ce protocole repose sur deux étapes : générer des séquences de bits aléatoires via un circuit quantique, puis vérifier leur caractère imprévisible à l’aide de supercalculateurs classiques. Cette double validation élimine toute tentative de tricherie, même dans un contexte où le système lui-même serait compromis.
Un défi que les superordinateurs ne peuvent relever
Les ordinateurs traditionnels ne peuvent pas produire un vrai hasard. Ils se basent sur des algorithmes déterministes, ce qui les rend prévisibles à long terme. Même en utilisant des générateurs matériels, il reste toujours un risque d’infiltration. Ce que prouve ce test, c’est que même si un pirate prenait le contrôle du système quantique, il ne pourrait pas manipuler les résultats sans être immédiatement détecté. L’opération a nécessité la puissance combinée de plusieurs supercalculateurs, totalisant plus de 1,1 ExaFLOPS, pour valider les données issues du quantique.
Une révolution pour la sécurité numérique
Cette avancée n’est pas seulement un exploit technique. Elle ouvre la voie à des applications concrètes dans la cryptographie, les élections électroniques, les jeux en ligne, ou même les protocoles de confidentialité dans les communications. Grâce à cette technologie, il devient possible d’avoir une source de confiance absolue pour produire des clés de chiffrement impossibles à falsifier. Cela mettrait fin à toute une catégorie d’attaques exploitant les faiblesses des générateurs pseudo-aléatoires, encore utilisés dans la plupart des systèmes bancaires et militaires.
Une machine 100 fois plus puissante que la précédente
Le saut technologique observé est en partie dû à l’upgrade du système H2 de Quantinuum. En juin 2024, l’ordinateur est passé à 56 qubits interconnectés grâce à une architecture à ions piégés. Cette approche offre une connectivité complète entre chaque qubit et une précision record, multipliant la fidélité des calculs par 100 par rapport à l’ancienne génération. Ce gain de performance a permis à l’équipe de réaliser le protocole de Scott Aaronson dans un environnement stable et exploitable, prouvant que la suprématie quantique n’est plus un concept flou mais une réalité opérationnelle.
Des usages concrets dès aujourd’hui
Selon JPMorgan, qui a cofinancé l’expérience, cette technologie pourrait être utilisée dès les prochaines années pour :
- Sécuriser les flux bancaires et les communications critiques
- Améliorer les modèles statistiques en recherche
- Renforcer la fiabilité des simulations industrielles
- Produire des chiffres aléatoires pour les tirages réglementés (loteries, concours, votes)
L’industrie financière, les entreprises de cybersécurité et même les services publics pourraient tirer profit de ce système pour verrouiller leurs processus les plus sensibles.
Un signal fort pour l’avenir des ordinateurs quantiques
Cet exploit marque un tournant. Jusqu’ici, les ordinateurs quantiques avaient surtout brillé par des démonstrations de puissance abstraites. Cette fois, ils apportent une valeur réelle, avec un usage immédiat et un impact concret. Pour Travis Humble, du laboratoire national d’Oak Ridge, cette réussite montre que la convergence entre puissance quantique et validation classique ouvre de nouveaux horizons. Elle prouve que les deux mondes ne s’excluent pas, mais peuvent travailler ensemble pour résoudre des problèmes que personne ne pouvait adresser seul.
C’est une première historique : l’Italie transforme la lumière en une étrange forme solide
Cet article explore un progrès majeur dans le domaine du calcul quantique, avec la démonstration d’un hasard pur certifié par des supercalculateurs. Grâce à une machine de nouvelle génération, la sécurité numérique franchit un cap historique, avec des implications immédiates pour la cryptographie, la confidentialité des données et l’industrie. Ce résultat montre que l’informatique quantique est prête à sortir des laboratoires pour transformer notre quotidien.
Source : Nature.com