
Le patron de la compagnie aérienne irlandaise Ryanair relance le débat sur la consommation d’alcool dans les aéroports. Dans un entretien accordé au Times, Michael O’Leary a proposé d’interdire la vente d’alcool aux premières heures de la matinée dans les terminaux aéroportuaires, estimant que cette mesure permettrait de réduire les incidents impliquant des passagers perturbateurs à bord des avions.
« Je ne comprends absolument pas pourquoi des gens sont servis dans les bars des aéroports à cinq ou six heures du matin. Qui a besoin de boire de la bière à cette heure-là ? », a déclaré le dirigeant de la compagnie low cost. Selon lui, la situation se dégrade rapidement dans le transport aérien européen, notamment sur certaines liaisons touristiques très fréquentées.
Michael O’Leary affirme que Ryanair doit désormais détourner « presque un vol par jour » à cause du comportement de passagers alcoolisés ou agressifs, contre environ « un déroutement par semaine » il y a dix ans. Ces incidents représentent un coût important pour les compagnies aériennes, entre les retards, les frais d’atterrissage imprévus, les interventions de sécurité et les perturbations pour les voyageurs.
Une limitation à deux boissons alcoolisées proposée
Le patron de Ryanair ne se contente pas de réclamer une interdiction des ventes d’alcool tôt le matin. Il souhaite également instaurer une limite de deux boissons alcoolisées maximum par passager dans les aéroports. Le contrôle pourrait être effectué grâce au scan des cartes d’embarquement avant chaque achat.
Selon lui, certaines boutiques et bars situés après les contrôles de sécurité profiteraient des retards de vols pour vendre davantage d’alcool aux voyageurs. « Les aéroports savent qu’ils vont exporter le problème vers les compagnies aériennes », a-t-il dénoncé.
Le dirigeant rappelle également qu’être ivre à bord d’un avion constitue une infraction pénale dans plusieurs pays européens. Au Royaume-Uni, ce comportement peut entraîner jusqu’à 5 000 livres sterling d’amende, soit environ 5 900 euros, ainsi qu’une peine pouvant aller jusqu’à deux ans de prison.
En janvier 2025, Ryanair avait déjà annoncé vouloir durcir le ton contre les passagers perturbateurs. La compagnie a notamment engagé des poursuites judiciaires pour récupérer les coûts liés à certains déroutements. Dans une affaire relayée par la presse britannique, elle réclamait ainsi 15 000 euros de dommages et intérêts à un passager dont le comportement avait forcé un vol Dublin-Lanzarote à être dérouté.
Une proposition qui divise fortement les voyageurs
La sortie médiatique du patron de Ryanair suscite toutefois de nombreuses réactions parmi les voyageurs et les professionnels du secteur. Plusieurs passagers interrogés dans les aéroports britanniques et irlandais estiment qu’un verre avant un départ en vacances fait partie de « l’expérience du voyage » et ne pose pas de problème tant que la consommation reste raisonnable.
Sur les réseaux sociaux, certains internautes accusent également Ryanair de vouloir limiter l’alcool dans les terminaux tout en continuant à vendre des boissons alcoolisées à bord de ses avions. D’autres soutiennent néanmoins les propositions de Michael O’Leary, jugeant que les incidents impliquant des passagers ivres se multiplient ces dernières années.
Pour l’heure, aucune réglementation européenne n’est envisagée concernant l’interdiction de l’alcool tôt le matin dans les aéroports. Mais les déclarations du patron de Ryanair pourraient relancer les discussions entre compagnies aériennes, autorités aéroportuaires et gouvernements européens à l’approche de la saison estivale 2026.