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    Comment la baisse de la fertilité menace de mettre à genoux l’économie européenne

    Jean-Philippe MarconBy Jean-Philippe Marcon27/06/2024

    Le taux de fertilité baisse d’année en année dans le monde. L‘Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) prévoit des conséquences sur la démographie et l’économie des pays qui la composent, particulièrement en Europe, où la baisse est plus accentuée. La baisse de la natalité va encore se poursuivre, avertit l’OCDE. 

    Une étude de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) vient de confirmer la poursuite de la baisse du taux de fécondité des populations des pays qui la composent. Une baisse importante qui passe de 3,3 enfants par femme en 1960 à uniquement 1,5 en 2022. Les chiffres révélés sonnent comme une alerte, car la même étude révèle que le taux de fertilité actuel est inférieur à la moyenne de remplacement, laquelle est estimée à 2,1 enfants par femme.

    En Europe, la situation est pire. Les naissances y ont atteint leur niveau le plus bas en 2022, avec seulement 3,88 millions d’enfants vivants. Selon les chiffres de l’année 2022, le taux de fertilité dans les pays de l’Union européenne était de 1,46, bien plus bas que la moyenne mondiale évaluée, elle, à 2,27. L’étude de l’OCDE précise que Malte enregistre, en 2022, le taux de fécondité le plus bas avec 1,08, tandis que la France a eu le plus haut taux avec 1,79.

    La baisse de la fertilité impactera tous les pays membres de l’OCDE

    Cette situation n’est, pas ailleurs, pas sans conséquence sur les économies des pays de l’OCDE. Cette faiblesse du nombre de naissances fait que la proportion des personnes en activité devient rapidement inférieure à celle des personnes à la retraite. Les chiffres de l’étude indiquent que dans les années 60, on dénombrait six personnes en activité pour un retraité. En 2022, on a estimé cette proportion à environ trois personnes en âge de travailler pour un retraité. Les prévisions n’annoncent pas de l’amélioration parce que la baisse de ce ratio va se poursuivre pour atteindre deux travailleurs pour un retraité à l’horizon 2035.

    Comme conséquences directes, l’OCDE prévoit un impact non négligeable sur les dispositifs gouvernementaux, comme la sécurité sociale. Ces derniers trouveront de plus en plus de difficultés à assurer les pensions de retraite. Aux États-Unis, à titre d’exemple, le fonds fiduciaire de la sécurité sociale américaine risque un assèchement à l’horizon 2030 si l’État n’intervient pas. Cette baisse de la proportion des travailleurs impactera aussi l’économie des pays de l’organisation.

    Une étude américaine de la réserve fédérale de Saint-Louis révélait qu’au cours de la dernière décennie, les pénuries de main-d’œuvre ont été signalées environ 7 000 fois lors des appels de résultats des entreprises américaines cotées en bourse. Aussi, la directrice générale de BlackRock (société multinationale américaine spécialisée dans la gestion d’actifs) prévoit que cette baisse de l’offre de travailleurs est à même de procurer plus de pouvoir de négociation aux employés, engendrant des hausses des salaires. Ce qui induira de l’inflation, ajoute-t-elle.

    Face à cette situation qui empire d’année en année, des solutions émergent. La France met en place tout un « plan de réarmement démographique » comportant des tests de fertilité et des congés parentaux prolongés.  La promotion de l’égalité des sexes et une répartition plus juste du travail et des responsabilités au sein des foyers peuvent aussi représenter une solution, selon Stefano Scarpetta, directeur de l’emploi, du travail et des affaires sociales à l’OCDE.

    De son côté, Goldman Sachs met en avant une solution pouvant émaner de l’Intelligence artificielle générative (IA). Tout en améliorant la productivité, l’IA pourrait, en dix ans, porter à la hausse de 7% le PIB mondial, considère-t-elle. Enfin, l’étude de l’OCDE prévoit une poursuite de cette baisse de la fertilité nécessitant de la prospective, afin d’y faire face dans l’avenir. Pour Stefano Scarpetta, cette baisse « n’est pas qu’une simple anomalie temporaire », mais une nouvelle donne qu’il faudra prendre en compte.

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    Jean-Philippe Marcon

    Picard depuis mon enfance, à l’issue de mes études de journalisme j'ai décidé de communiquer autour du beau département de l'Aisne sur Axonais.

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