En France, ce sont 6000 radars routiers qui sont vandalisés chaque année. Si toutes les régions sont touchées par ce fléau, un département est particulièrement plus exposé que les autres. L’espérance de vie des radars dans ce département n’excède généralement pas 4 jours. Mais où s’acharne-t-on autant sur les radars automatiques ?
Marne, le record de France des vandalismes sur les radars
Un petit détour à Sézanne, dans le département de la Marne, suffit à constater une affligeante réalité : 5 des 6 des radars installés au bord de la route nationale 4 ne fonctionnent pas. Régulièrement victimes de vandalisme, ils sont soit tronçonnés ou incendiés par des citoyens indélicats. Selon une policière interviewée par TFI.
“ici, leur espérance de vie est de 4 jours”.
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Un communiqué du ministère de l’Intérieur publié en fin d’année 2023 fait état de 35 000 actes de vandalisme commis en France sur les radars entre 2018 et 2022. Sur la même période, la région de la Marne totalise à elle seule 760 dégradations, soit le taux le plus élevé.
Le classement des départements français concernés par la vandalisme des radars
Le phénomène est très alarmant, tant dans le département que dans le reste du territoire français. Selon le recensement réalisé, le département de l’Oise arrive en 2e position derrière la Marne avec 758 dégradations. En 3e position, il y a l’Aisne avec 724 dégradations. Voici le classement complet :
| Classement | Département | Nombre de dégradations |
|---|---|---|
| 1 | Marne | 760 |
| 2 | Oise | 758 |
| 3 | Aisne | 724 |
| 4 | Bouches-du-Rhône | 708 |
| 5 | Gard | 690 |
| 6 | Seine-et-Marne | 660 |
| 7 | Landes | 618 |
| 8 | Gironde | 567 |
| 9 | Loire-Atlantique | 563 |
| 10 | Eure-et-Loir | 561 |
Pour le reste du classement, on retrouve les Bouches-du-Rhône avec 708 dégradations, le Gard avec 690 dégradations, la Seine-et-Marne avec 660 dégradations, les Landes avec 618 dégradations, la Gironde avec 567 dégradations et la Loire-Atlantique avec 561 dégradations.
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À ces 9 premiers départements, il y en a 16 qui dénombrent respectivement 450 vandalismes. En fin de peloton, on retrouve la Guadeloupe, la Meuse, les Hautes-Pyrénées, la Corrèze, la Martinique, la Lozère, La Réunion, le Territoire de Belfort, le Val-de-Marne et la Guyane. Les régions cumulent respectivement 120, 114, 97, 96, 87, 82, 81, 80, 57 et 52 dégradations.
Le combat contre un système
Selon une journaliste de Caradisiac spécialisée en sécurité routière, Stéphanie Fontaine, le système des flashs radars est bien plus rentable pour la municipalité par rapport aux frais générés par les réparations des dégradations. D’ailleurs, au niveau national, c’est aussi le cas, les radars c’est un jackpot pour l’Etat.
“Les sanctions suite à un flash radar rapportent un milliard d’euros de recettes chaque année”, a-t-elle précisé. À côté, la réparation d’un seul radar coûte relativement cher, entre 500 et 200 000 euros selon le niveau de dégâts, selon qu’il faut juste remplacer la vitre cassée ou remplacer intégralement l’appareil.
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Par an, les réparations coûtent près de 300 millions d’euros à la municipalité, des frais couverts par les amendes des flashs radars aussi bien que par le financement des déploiements des radars. Entre le montant des recettes et le coût des réparations, la marge reste très conséquente.
Jusqu’à 100 000 euros d’amende et 7 ans de prison
Si les vandales espèrent décourager l’installation des radars sur les axes routiers de France, ils risquent donc d’attendre très longtemps. D’ailleurs, par rapport aux risques encourus, le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?
À ce jour, la préfecture de police n’a pas encore réussi à identifier les auteurs des actes de vandalisme, en dépit de leur récurrence. Cependant, au titre des articles 322-1 et 322-22 du Code pénal, il s’agit d’un délit pouvant entraîner une inscription au casier judiciaire. Cela tient principalement à la fonction du radar qui, par sa présence, sert à dissuader les usagers susceptibles de commettre des excès de vitesse. En cas de vandalisme, le responsable encourt une amende de 75 000 euros et 5 ans de prison. Si l’individu est masqué ou si l’acte de vandalisme est commis en groupe, l’amende peut aller jusqu’à 100 000 euros avec une peine de prison allant jusqu’à 7 ans.