
Depuis le 1er mai et jusqu’au 27 septembre, les voyageurs à vélo doivent désormais acheter un billet supplémentaire d’un euro pour voyager dans les trains TER de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Cette mesure a été mise en place pour réguler la place occupée par les vélos dans les trains. Les cyclistes sont nombreux à voyager avec leur vélo dans cette région, surtout dans des villes comme Grenoble où le trafic de vélos est élevé. Cependant, l’introduction de cette nouvelle mesure de billet pour vélo n’a pas été accueillie positivement par tous les usagers. Thomas, un habitué du trajet quotidien en train qui s’est exprimé sur France 3 déclare « je trouve ça chiant, mais normal. J’ai un chien, je paye pour mon chien, je ne payais pas pour mon vélo, ça n’avait pas de sens. Après, je prends le train tous les matins, est-ce que je suis content de payer pour mon vélo tous les matins, ça, je ne sais pas. »
Un autre usager, Pascal, souligne qu’il y a de plus en plus de personnes utilisant leur vélo, ce qui crée des problèmes de place dans les trains. « Ça prend beaucoup de place, comme il y a de plus en plus de gens qui prennent le vélo, il faudrait repenser le train : en Allemagne, à Berlin par exemple, il y a toute une rame qui est pensée uniquement pour les vélos. Nos trains ont été pensés il y a vingt ans, donc c’est ça que l’on devrait revoir. » De son côté, Yeehsien, un autre passager, déclare : « Hier encore, j’ai fait un trajet en train et il y a des cyclistes qui n’ont pas pu monter à bord faute de places. En soi, je ne suis pas contre de payer la place si on nous garantit d’avoir une place dans le train : c’est une question d’organisation. »
Conditions de la nouvelle mesure avec les billets pour les vélos
Le billet pour vélo s’applique aux trajets effectués les week-ends du mois de mai, les jours fériés ainsi que tous les jours entre le 1er juillet et le 31 août. Les abonnés sont exemptés de payer ce supplément pour leur vélo lorsqu’ils utilisent leur trajet abonnement. L’objectif de cette mesure est de garantir des places pour les vélos dans les trains, notamment pour ceux qui associent le train à un projet de vacances.
Cependant, un collectif regroupant 31 associations, dont Emmanuel Colin De Verdière, co-président de l’association « ADTC se déplacer autrement », critique la mise en œuvre de cette mesure. « On est obligés de prendre le billet sur un site distinct de la réservation du TER habituel, qui n’est pas forcément facile à trouver dans les moteurs de recherches. Au guichet ce n’est pas possible, au distributeur automatique, ce n’est pas possible. Cela rajoute une contrainte supplémentaire », déclare-t-il.
Les associations déplorent également l’impact de cette nouvelle mesure sur les usagers réguliers du transport, notamment ceux qui empruntent les trains en heure de pointe pour se rendre au travail. « La fréquentation a augmenté de plus de 30 % alors que l’offre est stable. Quand on aura des trains toutes les heures de 5 h à minuit, là, ce problème sera plus gérable », ajoute Emmanuel Colin De Verdière.
Cette mesure a également des conséquences sur la capacité des trains, car certains trajets sont déjà complets plusieurs jours à l’avance, comme le trajet pour Montpellier depuis Grenoble. Les voyageurs qui ne respectent pas la nouvelle règle s’exposent à une amende de 35 euros.