Cela fait quelques mois que l’Union européenne réfléchit à l’augmentation des taxes douanières sur les importations des voitures européennes. Le but, protéger le marché de l’automobile européen, notamment celui des voitures électriques, de concurrents toujours plus abordables. Une décision que la Chine ne voit pas d’un bon œil, puisqu’elle menace aussi de rehausser ses frais d’importations sur les véhicules européens.
L’UE veut réagir à la potentielle concurrence déloyale de la Chine
C’est avec les États-Unis que le bal du durcissement des mesures douanières a démarré. Il y a quelques jours, Joe Biden a annoncé une hausse historique des taxes sur les importations de voitures électriques aux États-Unis. Leur pourcentage est tout simplement passé du simple au quadruple, ce qui a obligé les Chinois à se rabattre sur l’Europe.
Se sentant aussi menacée, l’Union européenne manifeste de plus en plus sa volonté d’emboîter le pas aux États-Unis, mais dans une moindre mesure. En effet, les frais de douanes, actuellement de 15 %, pourraient augmenter de 10 à 20 %.
Selon les déclarations d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, au Financial Times, la réponse de l’UE sera ciblée avec “un niveau de droits (…) qui correspondrait au préjudice, qui sera bien moins extrême que celui des États-Unis« . La décision n’est pas actée, car la Commission européenne serait en attente du rapport d’enquête sur la concurrence automobile chinoise qui sera transmis le 5 juin prochain pour prendre sa décision.
En effet, l’UE accuse le gouvernement chinois d’octroyer des subventions aux constructeurs chinois. Ce qui permet à ces derniers de proposer leurs véhicules sur le marché européen à des prix très concurrentiels, à tel point qu’il sera très difficile pour leurs homologues européens de les suivre.
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Selon une étude publiée au début du mois de mai, les voitures européennes pourraient devenir compétitives face aux chinoises si et seulement si les droits de douane sont portés à 50 %. Il est peu probable que la Commission européenne en arrive là, car l’UE a toujours montré sa volonté de préserver des relations cordiales avec la Chine au plan commercial.
De 15 à 25 % de taxes chinoises sur les voitures thermiques
La réponse de la Chine à cette mesure est une augmentation de ses taxes sur l’importation de véhicules étrangères, passant de 15 à 25 %. Les précisions apportées par les représentants européens de la Chambre du commerce de Chine révèlent que la nouvelle taxation devrait concerner les véhicules thermiques équipés de moteur avec une cylindrée de plus de 2,5 litres. La Chine a précisé que la hausse des taxes restera conforme aux recommandations de l’organisation mondiale du commerce.
Si l’on se fie aux informations communiquées sur les véhicules concernés par les mesures chinoises, les constructeurs allemands premium ont du souci à se faire. La plupart d’entre eux ont basé leurs relations commerciales avec la Chine sur l’exportation de véhicules thermiques équipés de gros moteurs. De plus, plusieurs d’entre eux forment des co-entreprises avec les constructeurs chinois, ce qui se fait ressentir sur le volume de leurs exportations en Chine.
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Les modèles qui en pâtiront le plus, ce sont les SUV familiaux et les berlines, classés parmi les plus abordables. C’est sur ce créneau que les constructeurs européens risquent de perdre le plus de clients si la hausse de 10 % est confirmée. Considérant ces éléments, les voitures de grand luxe devraient pouvoir mieux s’en sortir.
Dans tous les cas, une éventuelle riposte de la Chine pourrait faire bien plus mal que prévu à l’Europe, d’autant plus que la hausse ne concernerait pas seulement l’automobile. Pour calmer les tensions, plusieurs patrons de groupes européens, dont le PDG de Mercedes-Benz, Ola Källenius, avaient demandé à une baisse des taxes douanières.