
Le gouvernement a présenté une série de mesures visant à réduire l’usage du gaz dans les logements, avec des conséquences directes sur l’accès à MaPrimeRénov’, l’aide publique dédiée à la rénovation énergétique.
En France, le chauffage au gaz concerne environ 6,4 millions d’appartements et plus de 5 millions de maisons, selon les données mentionnées dans le cadre de ce plan. Cette orientation s’inscrit dans une politique de réduction de la dépendance aux énergies fossiles. «Les importations de pétrole et de gaz nous coûtent plus de 60 milliards d’euros par an.» a déclaré Sébastien Lecornu, Premier ministre, pour justifier cette évolution.
Une des mesures annoncées prévoit la fin du chauffage au gaz dans les constructions neuves d’ici la fin de l’année. En parallèle, un plan d’électrification de l’économie comprenant 22 mesures a été détaillé. Parmi celles-ci figure une modification des conditions d’accès à MaPrimeRénov’.
Conditions d’accès à MaPrimeRénov’ pour les logements chauffés au gaz
À partir du 1er septembre 2026, les propriétaires de maisons individuelles chauffées au gaz ne pourront plus bénéficier de MaPrimeRénov’ pour des rénovations complètes s’ils conservent ce mode de chauffage. Cette mesure concerne environ 5,2 millions de maisons, soit 32,2 % du parc, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe), établissement public chargé de la transition écologique.
Le ministère du Logement précise que «Seules 10% des rénovations d’ampleur conservaient jusqu’à présent un mode de chauffage fossile». La restriction s’applique uniquement aux rénovations globales, impliquant plusieurs travaux simultanés.
Audrey Zermati, directrice stratégie d’Effy, entreprise spécialisée dans la rénovation énergétique, indique que «cohérente et a le mérite de clarifier les choses». Elle ajoute que «Pour les propriétaires de logements chauffés au gaz qui souhaitent bénéficier de MaPrimeRénov’ en rénovation d’ampleur, il était en réalité déjà nécessaire de s’orienter sur une pompe à chaleur ou une chaudière biomasse pour réaliser le saut de deux classes énergétiques (sur le Diagnostic de performance énergétique) qui conditionne l’obtention de l’aide».
Les rénovations qui restent éligibles
Les rénovations dites par geste, c’est-à-dire portant sur un seul type de travaux, restent éligibles. L’entourage du ministre du Logement Vincent Jeanbrun précise qu’«Aucun changement». Ces travaux concernent notamment l’isolation ou l’installation d’équipements alternatifs. Les appartements chauffés au gaz ne sont pas concernés par cette évolution. Selon le ministère du Logement, «aucun changement» n’est prévu pour ces logements.
La réforme s’appliquera aux dossiers déposés après le 1er septembre 2026. Le ministère du Logement explique que «Cette mesure vise à éviter de financer des rénovations qui perpétuent une dépendance des ménages au gaz et donc les expose aux variations futures des prix du gaz».
Le plan gouvernemental prévoit aussi le développement des équipements électriques. L’objectif annoncé par Sébastien Lecornu est d’atteindre un million de pompes à chaleur installées chaque année d’ici 2030. Le ministère du Logement indique que «L’installation d’une pompe à chaleur permettra de diviser par deux les factures énergétiques par rapport au maintien de la chaudière fossile, et même davantage grâce aux économies permises par l’isolation le cas échéant».