
Des discussions sont en cours autour de l’avenir du site industriel de Rennes-La Janais, exploité par le groupe automobile Stellantis. Selon des informations relayées par l’agence Bloomberg, l’entreprise envisage une cession ou un partage de cette usine avec le constructeur chinois Dongfeng.
L’activité du site a été interrompue pendant trois jours au cours de la semaine. Cette situation intervient dans un contexte de réflexion plus large sur l’organisation industrielle du groupe. Stellantis considère certains de ses sites européens comme étant en situation de surcapacité au regard de leur niveau d’activité.
D’après France 3 Bretagne, chaîne régionale du service public audiovisuel, les actionnaires du groupe ont demandé la mise en place de mesures d’économies. Cette orientation intervient après l’annonce par la direction d’une perte de 22,3 milliards d’euros sur l’année écoulée.
Un site concerné par des discussions avec le constructeur chinois Dongfeng
Le site de Rennes figure parmi les installations jugées les moins rentables en Europe par le groupe. Dans ce cadre, Stellantis étudierait plusieurs options, dont une ouverture à un partenaire industriel. Le constructeur chinois Dongfeng , déjà lié historiquement au groupe, chercherait de son côté à développer sa présence industrielle en Europe indique Bloomberg.
Bernard Jullien, spécialiste de l’économie du secteur automobile et maître de conférences à l’université de Bordeaux, explique que « L’Etat-major américain de Stellantis regarde les réglementations européennes d’un mauvais œil et souhaite privilégier les usines en Amérique du Sud ». Il précise que d’autres sites européens, comme ceux de Madrid en Espagne et de Cassino en Italie, sont également concernés par ces réflexions.
Sur le terrain, ces informations suscitent des réactions parmi les salariés. Laurent Valy, délégué CFDT sur le site de Rennes – La Janais, déclare : « Si nous n’avons pas d’autre véhicule à produire d’ici 2028, nous sommes morts ». Il indique que l’hypothèse d’une vente du site à un acteur extérieur n’est pas acceptée par les représentants du personnel.
Possibilité d’un partenariat industriel avec Stellantis
La CFDT, organisation syndicale représentée sur le site, évoque en revanche la possibilité d’un partenariat industriel. Laurent Valy précise : « Nous ne sommes pas fermés à l’idée d’un partenariat, à condition qu’il permette d’accueillir de nouveaux volumes de production, qu’il garantisse l’avenir industriel du site, le maintien de l’emploi et des conditions de travail, ainsi qu’un dialogue social renforcé ».
Le syndicat demande également des informations supplémentaires à la direction du groupe Stellantis. Il sollicite l’intervention des pouvoirs publics afin de soutenir la filière automobile en France et les emplois associés. Ces discussions interviennent alors que les ventes du groupe sont décrites comme positives, malgré l’arrêt temporaire de la production sur le site de Rennes. L’évolution de ce dossier dépendra des décisions prises par la direction et des échanges en cours avec les différents acteurs concernés.