En 2023, les revenus générés par les radars automatiques et les procès-verbaux routiers en France ont franchi un cap historique, dépassant pour la première fois les 2 milliards d’euros, d’après un rapport de la Cour des comptes. Cette somme record suscite des débats, car une part considérable de ces fonds est utilisée pour des dépenses sans lien direct avec la sécurité routière.
Un record de recettes pour les radars et PVs
La somme totale collectée en 2023 a battu le précédent record de 2017, qui était de 1,98 milliard d’euros. Cette augmentation est notable surtout après les années marquées par les mouvements des Gilets jaunes et la pandémie de Covid-19. Le montant des amendes, provenant tant des radars que des PV électroniques, a significativement augmenté, grâce notamment à l’expansion du parc de radars, qui compte désormais 4 661 dispositifs, soit 131 de plus que l’année précédente.
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Malgré l’augmentation du nombre de radars, les recettes spécifiques des amendes issues des radars ont été légèrement inférieures aux prévisions, s’élevant à 747 millions d’euros contre une prévision de 755 millions. Ceci est attribué à une disponibilité moyenne des équipements légèrement réduite, impactée notamment par un pic de vandalisme lié aux tensions sociales autour de la réforme des retraites.
Les dépenses contestées des recettes des radars
La Cour des comptes critique l’utilisation de ces fonds, indiquant que seulement 62 % des dépenses du Compte d’affectation spéciale dédié au contrôle de la circulation et du stationnement routiers sont effectivement liés à la sécurité routière. Le reste des fonds semble être réparti entre divers postes de dépenses qui ne contribuent pas directement à l’amélioration de la sécurité sur les routes françaises.
Répartition et utilisation des fonds
- Collectivités territoriales : environ 710 millions d’euros.
- Désendettement de l’État : 691 millions d’euros.
- Infrastructures et maintenance des radars : 392 millions d’euros.
- Agence des infrastructures de transport : 211 millions d’euros.
- Budget général de l’État : 45 millions d’euros.
- Fonds pour la modernisation et l’investissement en santé : 26 millions d’euros.
Ce partage des recettes soulève des questions sur l’efficacité et la transparence de la gestion des fonds dérivés des infractions routières, conduisant la Cour des comptes à suggérer une réforme du système pour améliorer la clarté et l’efficience de l’utilisation de ces ressources.