Isabelle Van Rycke, présidente d’Upsa, a plaidé le 1er juin 2026 pour une revalorisation du prix des médicaments, et notamment du paracétamol, lors de son intervention dans l’émission Good Morning Business sur BFM Business.
Le laboratoire pharmaceutique, implanté dans le Lot-et-Garonne, prévoit de produire 100 % du paracétamol en France à partir du 1er janvier 2027. Actuellement, une boîte de paracétamol est vendue 76 centimes en France. Isabelle Van Rycke a déclaré : « Il faut savoir qu’une boîte de paracétamol aujourd’hui en France, c’est 76 centimes, moins qu’une baguette de pain, on demande 10 centimes d’augmentation, de revalorisation ».
Le principe actif du médicament provient aujourd’hui de Chine, des États-Unis et de l’Inde, tandis que l’ensemble du processus de fabrication se déroule dans les usines du groupe à Agen, dans le Lot-et-Garonne. Upsa est le premier employeur du département du Lot-et-Garonne. Sur ses 2 000 salariés, 1 900 travaillent en France.
Isabelle Van Rycke a précisé : « On produit en France 100 % de nos médicaments, 98 % de nos salariés sont en France, et on paie également nos impôts en France (…) On a fait véritablement le choix de l’ancrage dans le Lot-et-Garonne depuis 90 ans ». Elle attend de l’État « de reconnaître que produire en France, ce n’est pas le même prix que de produire en Asie ».
L’État doit considérer la spécificité de la production locale et à ajuster le prix du paracétamol
L’industrie pharmaceutique alerte depuis plusieurs années sur le niveau des prix des médicaments en France. Les parlementaires ont voté des baisses successives afin de réduire les dépenses de l’Assurance maladie, dont le déficit a doublé entre 2023 et 2025 et devrait se creuser davantage en 2026.
Cette année, l’effort total s’élève à 1,4 milliard d’euros, dont 200 millions sur les génériques et 200 millions sur les dispositifs médicaux. Le Leem, premier lobby français de l’industrie pharmaceutique, a régulièrement dénoncé ces régulations de prix, estimant que cela pourrait conduire à une « forme de pénurie silencieuse » concernant l’accès aux médicaments innovants si aucune mesure n’est prise.


Isabelle Van Rycke appelle donc l’État à considérer la spécificité de la production locale et à ajuster le prix du paracétamol pour tenir compte de la fabrication intégralement française prévue en 2027, tout en maintenant la disponibilité des médicaments pour les patients.
Le projet d’Upsa vise à renforcer l’ancrage industriel du laboratoire dans le Lot-et-Garonne et à sécuriser la production nationale de paracétamol tout en ajustant les prix afin de couvrir les coûts liés à la production sur le territoire français.